Publié dans Maternité et Parentalité

Le dégât des eaux – Pauline Delabroy-Allard & Camille Jourdy

Oui, je sais, vous allez finir par croire que je ne lis plus que du Pauline Delabroy-Allard, et vous n’aurez pas tort. En règle général quand je tombe en amour d’une plume on ne m’arrête plus. Finalement c’est ce qui s’est passé avec l’autrice, en moins d’une année j’ai lu toute son oeuvre et maintenant je regrette presque ce choix parce que je dois désormais patienter et attendre qu’elle publie de nouveau quelque chose. Heureusement pour moi, il lui arrive d’écrire de bien jolis textes sur son compte Instagram, ainsi, j’ai un peu l’impression de lire le début d’un nouveau livre et ça me met du baume au coeur.

Une fois de plus, j’ai trouvé cet album magnifique aussi bien pour les enfants que pour les adultes. Les textes de l’autrice sont poétiques et délicats. Les illustrations de Camille Jourdy (autrice d’un de mes romans graphiques préférés, Rosalie Blum), sont resplendissantes. Chaque page est une prouesse visuelle et donne envie de passer des heures entières à observer les moindres détails.

Quant à l’histoire, elle est très originale. Cela peut permettre d’aborder en douceur la thématique de l’arrivée d’un petit frère ou d’une petite soeur. Une belle découverte, encore, qui confirme ce que je savais déjà, je suis absolument fan du travail pointilleux, onirique et poétique de Pauline Delabroy-Allard et de l’univers haut en couleur de Camille Jourdy.

Un album à lire et relire à souhait.

Note : 4 sur 5.

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Publié dans Classiques de la littérature

Aurélien – Aragon

Que dire… Ce livre n’est pas un coup de coeur comme je l’aurais pensé (espéré ?) mais ce n’est pas passé loin, il ne manquait pas grand chose pour que mon coeur explose littéralement.

Dans ce livre on va découvrir une histoire d’amour d’une beauté folle (mais impossible) sur fond d’après-guerre et de faits historiques. Avant de me lancer corps et âmes dans Aurélien, j’avais peur que la plume d’Aragon me lasse, je ne serais pas trop vous dire pourquoi… Je pense que c’est parce que je connais le Aragon poète et pas le Aragon romancier. Une chose est sûre dès l’incipit, Aragon a su me séduire. La plume poétique d’Aragon convient parfaitement au genre du roman d’amour. D’ailleurs ce côté « poétique » est d’autant plus envoûtant et saisissant quand Aragon raconte et décrit les décors ainsi que les petits détails « insignifiants » du quotidien.

Le petit point qui m’a dérangé malheureusement et qui fait que ce n’est pas un coup de coeur, c’est que par moment j’ai eu des impressions de longueurs. Très peu souvent certes mais c’est arrivé. Par ailleurs je le précise aussi parce que je pense que c’est assez important, pour lire ce livre et l’apprécier, il vaut mieux se mettre en condition et bien se rentrer dans la tête que le texte a était écrit dans une toute autre époque. En effet Aragon tient parfois des propos racistes et dégradants vis-à-vis des femmes. Si vous ne vous en sentez pas capable, passez votre tour sinon vous risquez de ne pas passer un bon moment, d’autant que le livre fait plus de 700 pages, ce serait dommage de vous infliger ça.

Cependant, si vous souhaitez lire Aurélien, sachez aussi qu’Aragon parle de l’amour merveilleusement bien ! J’ai dû corner une page du livre toutes les vingt pages environ tant je trouvais que certains passages étaient divins. La fangirl que je suis rêve maintenant qu’on m’écrive des mots aussi beaux qu’Aragon sait le faire 🥰 (comment ça je rêve ?)

Pour conclure, j’ai adoré lire Aragon dans autre chose que de la poésie. La fin m’a coupé le souffle, j’ai cru ne jamais m’en remettre tant elle est belle et atroce à la fois. Bérénice et Aurélien, les deux protagonistes principaux du livre, proposent une histoire d’amour qui restera longtemps je pense parmi mes préférées.

Note : 4.5 sur 5.

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Publié dans Littérature

Seule Venise – Claudie Gallay

Un livre qui de prime abord aurait dû me plaire, presque être un coup de coeur et qui finalement ne m’a pas envoûté du tout.

On suit une femme en plein chagrin d’amour, qui décide de tout quitter pour Venise en hiver. L’ambiance est glaciale, le temps est lent, l’intrigue nostalgique. Le tout est assez contemplatif et descriptif, des points qui généralement me plaisent toutefois là, la magie n’a pas opéré.

Les phrases m’ont semblé interminables. Je n’ai pas réussi à m’attacher aux personnages et ce « vous » à qui s’adresse la protagoniste en permanence est très perturbant et déstabilisant, j’avais l’impression qu’elle me parlait sans que ce soit réellement le cas. Finalement je ne vais pas aller plus loin dans l’analyse, je me suis ennuyée, plusieurs fois j’ai failli abandonner mais je me suis accrochée juste pour avoir le fin mot de l’histoire qui pour le coup… m’a laissé de marbre.

Un texte que j’ai trouvé en phase avec l’ambiance général de Venise en hiver : froid et solitaire.

Note : 3 sur 5.

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Publié dans Littérature

La petite dernière – Fatima Daas

Je ne connaissais rien de ce livre avant de me plonger dedans, je me suis fiée à la couverture que je trouve originale et clairement, quelle surprise !

Je vais très peu vous en dire sur ce livre parce que je vous souhaite de plonger dedans de la même façon que moi, sans ne rien savoir. Le plus important à savoir c’est que ce texte est en quelque sorte un combat d’identité pour Fatima qui en quelques pages se confie ses origines, ses croyances religieuses, son éducation, ses attirances sexuelles. C’est un livre singulier, vif, qui semble avoir été écrit presque d’une traite, sans respirer, sans reprendre son souffle.

Un texte émouvant, intime qui parle des doutes et des craintes d’une femme partagée entre sa vie et la vie que l’on aimerait qu’elle mène.

Note : 4 sur 5.

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Publié dans Maternité et Parentalité

Avec toi – Pauline Delabroy-Allard (coup de coeur)

Un album pour enfant d’une douceur absolue que je recommande aussi bien pour les petits que les grands.

L’histoire se déroule sous le point de vue de la petite fille et de la maman en même temps. Sur chaque page on voit presque la même scène mais sous un angle de vue différent, un coup celui de la maman, puis celui de la petite fille. L’ensemble est illustrée à merveille et dans un univers aussi doux qu’un nuage par Hifumiyo.

Sous chaque page illustrée il y a les textes de Pauline, l’autrice de Ça raconte Sarah et Maison-Tanière que j’ai lu tous deux cette année et que j’ai aimé à la folie. Chaque petit texte, commence par un bruit, puis, au fil des pages, on se concentre sur les odeurs, la vue, les sensations, le goût. On prend le temps de vivre une journée entière avec ces deux protagonistes du saut du lit jusqu’au couchée. On prend le temps de prendre le temps sur des moments du quotidien, sur des instants volés de la journée. C’est beau, apaisant, reposant, touchant. L’album entier montre l’amour d’une mère envers sa fille et l’amour d’une fille pour sa mère. L’album est poétique à souhait, les illustrations sont douces et amènent une quiétude et une douceur de vivre qui se glisse au fil de chaque page.

Un coup de coeur absolu du coup pour cet album merveilleux, que je m’impatiente déjà de faire découvrir à l’amour de ma vie : ma fille.

Note : 5 sur 5.

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Publié dans Féminisme, Littérature, Romans graphiques

Citoyennes ! – Caroline Stevan

Citoyennes ! est un roman graphique féministe à destination des plus jeunes (9-13 ans). L’autrice Caroline Stevan parle dans son livre de l’obtention du droit de vote des femmes dans son sens le plus vaste.

En effet, elle explique à la fois pourquoi les femmes n’avaient pas le droit de voter auparavant mais également comment elles ont réussi à gagner ce droit. Elle présente les pays où le droit de vote pour les femmes n’est pas encore d’actualité mais également l’année où les autres pays ont autorisé les femmes a voter (grâce à une frise chronologique très intéressante). Sans oublier de mettre en avant les femmes qui se sont battues pour ces droits dans de nombreux pays ainsi que les femmes qui ont des postes importants en politique dans le monde (ministre, chancelière, présidente…). Pour ne rien gâcher, quelques faits relatant des inégalités hommes/femmes dans notre société actuelle sont disponibles à la fin du livre (les inégalités salariales, les inégalités de la charge mentale…) de quoi montrer aux générations de demain pourquoi est-ce que nous, adultes, nous nous battons !

Le livre est ludique, intéressant et merveilleusement bien illustré. Des petits jeux sont à retrouver à la toute fin du livre afin de faire un point sur ce que l’on a appris et compris mais aussi pour permettre d’amener une certaine curiosité sur le sujet et de potentiellement se questionner.

Bref j’ai vraiment adoré le livre dans son entièreté, je le trouve très pertinent et très accessible, je me réjouis d’avance de pouvoir le faire lire à ma fille quand elle sera plus grande, en espérant que d’ici-là les choses auront déjà pas mal bougées !

Note : 4 sur 5.

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Publié dans Féminisme, Romans graphiques

Ruptures – Aloÿse Mendoza

J’ai dévoré ce roman graphique en un rien de temps et pour être honnête, je l’ai même relu dans la foulée. Non pas que je ne l’ai pas compris, c’est juste que j’avais envie de rester plus longtemps à jongler entres les pages, les histoires et les illustrations de ce livre. C’est une petite douceur que je viens de découvrir. D’ailleurs, je vous recommande chaudement de vous l’offrir et de suivre l’autrice/illustratrice sur son compte Instagram qui est au moins aussi joli que son bouquin.

Dans ce livre, l’autrice va mettre en avant par le biais de différents personnages féminins, différentes ruptures. Chaque femme s’associe à un type de rupture : rupture amoureuse, rupture amicale, rupture de soi, rupture par le décès, rupture par le déménagement… C’est extrêmement puissant et pourtant les mots sont simples, les phrases sont courtes, les illustrations sont épurées et minimalistes : une femme par page, en noir et blanc (sauf le nez qui lui est coloré) avec une bulle de texte qui raconte la rupture. Toutefois, cette simplicité dégage une authenticité, une force, une envie de dénoncer, une envie de mettre en avant le quotidien des femmes du monde entier tellement puissante que le livre en tant que tel est terriblement envoûtant.

À la fin de ma (re)lecture, j’ai eu un regain d’énergie. Je me sentais forte grâce aux histoires de ces femmes courageuses. La puissance des mots suffit à ce que l’on imagine la vie d’avant la « rupture » de chaque personnage. Je suis très admirative du travail réalisé par l’autrice et je m’impatiente sincèrement de la découvrir dans de nouvelles réalisations qui je l’espère seront aussi riches, militantes et passionnantes que Ruptures.

Note : 4 sur 5.

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Publié dans À court de poèmes (le club de lecture), Littérature, Poésie

Maison Tanière – Pauline Delabroy-Allard (Sept. 2021 @acourtdepoemes)

Lecture réalisée dans le cadre d’une lecture commune sur tout le mois de Septembre avec mon club de lecture @acourtdepoemes

L’autrice, Pauline Delabroy-Allard pose ses valises le temps de quelques semaines d’été, durant deux étés différents, dans une maison d’amis afin de se déconnecter du monde et de faire un peu d’introspection. Écriture, repos, remise en question, retour à soi sont les seuls objectifs de ces quelques jours loin de tout et coupé de tout. 

Durant le premier été, l’été 2017, l’autrice écrira son premier roman, Ça raconte Sarah, un premier roman à succès publié dans la prestigieuse maison d’édition, Les éditions de Minuit. 

Avant d’écrire ce texte, Pauline a un rituel, chaque matin elle lance un vinyle, le met en scène, le photographie et se laisse le temps de la chanson pour écrire un court poème que peut lui inspirer la mélodie. Ce moment est un rituel qui donne vie à des poèmes qui prennent vie au sein de ce premier recueil de poésie, Maison Tanière

À, l’été 2019, Pauline retourne dans cette maison tanière comme elle aime l’appeler après une année 2018 riche en interview, rencontres, tournées… Cette fois-ci l’heure est au repos, au calme, au besoin de se retrouver silencieusement entre ces murs familiers où tout a commencé. Cette année-là, ce ne sont plus des vinyles qui illustrent les pensées-poèmes de l’autrice mais le plafond puisque chaque jour elle s’offre le cadeau de s’allonger quelques minutes sur le sol afin d’observer presque religieusement le plafond de cette maison sous divers angles et prendre le temps d’appuyer sur pause. 

La vie de l’autrice :

D’après Wikipédia, puisque je ne connais malheureusement pas personnellement l’autrice, Pauline Delabroy-Allard est née en 1988. Elle a fait des études de lettres classiques, est devenue libraire, puis professeure documentaliste dans un lycée, métier qu’elle couple désormais aujourd’hui à son autre casquette, celle d’autrice. 

Mais Pauline c’est également une histoire de femme engagée et moderne. En effet, elle met au monde son premier enfant, Bertille, à 22 ans et se sépare du papa rapidement pour des raisons qui ne regardent personne d’autre qu’eux, néanmoins elle se retrouve à élever sa fille en solo du haut de sa vingtaine. Mais ce n’est pas tout, Pauline, c’est aussi l’histoire d’un coup de foudre tout à fait inattendu avec une femme, elle qui jusque-là n’a aimé que des hommes, se retrouve surprise par ses sentiments nouveaux mais partagés avec la personne qui changera toute sa vie, Sarah (Sarah, qui a elle-même vécue exclusivement des histoires d’amours avec des hommes, c’est une première pour toutes les deux). Ensemble elles décident d’avoir un enfant, c’est ainsi que Sarah tombe enceinte d’Irène. De cet amour grandissant né un projet fou pour Pauline, co-allaiter ce bébé qu’elle n’a pas porté. Depuis 1999, le docteur Newman a mis en place un protocole de lactation induite au Canada, testé sur 250 femmes adoptives dont l’objectif était le suivant, donner la possibilité à des mamans qui n’ont pas pu porter leur bébé, de l’allaiter.  C’est ainsi, après un protocole précis que je vous invite à découvrir plus en détail si le sujet vous intéresse, que Pauline s’est retrouvée à avoir des montées de lait et à pouvoir nourrir sa fille. Un beau combat, d’autant que Sarah qui a eu un cancer du sein quelques années auparavant n’a de son côté pas réussit à allaiter Irène. Le co-allaitement prévu initialement est donc devenu un allaitement exclusif pour Pauline qui a pu tisser des liens forts avec Irène. L’une porte, l’autre allaite. 

C’est à compter de 2020, que l’autrice s’engage publiquement (suite à la naissance d’Irène) pour la PMA pour les couples homosexuels. Elle s’exprime régulièrement sur sa vie et son engagement dans la presse (cf. la Une du magazine Milk, pour ne citer que lui) ou dans des podcasts (sa prise de parole sur le premier podcast dédié à la maternité Bliss Stories, pour ne citer que lui aussi). Son allaitement long est également un acte militant : « Les seins sont des objets érotiques, ah oui, mais aussi des objets de pouvoir. Loin de moi la vision de l’allaitement comme un esclavage (…). Au contraire, je vois dans l’allaitement une liberté politique qui m’est chère. Grâce à l’allaitement j’échappe au système marchand, mon lait est gratuit et me rend indépendante de la nutrition industrielle (et capitaliste). »

Avec son roman Ça raconte Sarah, paru aux Éditions de Minuit, racontant la passion amoureuse de deux femmes, l’autrice montre une fois de plus son engagement, fort et percutant, pour défendre les minorités, ici les femmes et plus précisément les lesbiennes. Le roman ne se veut pas spécialement autobiographique, néanmoins il se rapproche beaucoup de sa vie, l’interprétation est donc libre en fonction des lecteurs et lectrices de l’autrice. 

Entre temps, l’autrice a publié deux livres pour enfant, Avec toi, qui parle d’un enfant élevé seul par sa mère et des relations qui se tissent mais également, Le dégâts des eaux, qui raconte d’une manière douce et poétique l’aventure folle de devenir un grand frère. 

En 2021 elle publie son premier recueil de poème, Maison Tanière, qui fait l’objet de l’article du jour. Actuellement, l’autrice travaille sur un nouveau texte qu’elle a entamé durant l’été 2021 lors d’un court séjour à Berlin. Affaire à suivre donc 😉 !

Analyse du poème : 

Le recueil est divisé en deux parties bien distinctes à la fois grâce à :

  • la mise en page puisque dans la première partie les photos sont sur la page de droite et les poèmes sur la page de gauche là où dans la seconde partie les photos sont sur la page de gauche et les poèmes sur la page de droite
  • la césure par les titres des parties : Les jours absents puis Les jours couchés.
  • les thématiques abordées, la première partie étant plus douce et mélodieuse s’est créée grâce à la photographie et l’écoute d’un vinyle chaque jour. La seconde partie étant plus sombre et plus retranchée s’est quant à elle créée grâce à l’observation du plafond et de leurs photographies quotidiennes. 
  • la temporalité la première partie se déroule avant la publication du roman, Ça raconte Sarah, là où l’autre se déroule après publication et médiatisation du coup. 

La première partie de ce recueil met en lumière des thématiques plus lumineuses, plus solaires, plus douces et nostalgique : La maternité (28 juillet), le manque de la personne que l’on aime (29 juillet), le sexe (07 août), l’amour (10 août), la nostalgie (12 août). On y découvre ainsi une Pauline amoureuse, heureuse, sensuelle et observatrice. 

Observatrice de sa relation, de sa vie, des étiquettes qu’elle s’est posée (mère, femme, lesbienne…) mais également observatrice du quotidien, qu’elle tente de rendre doux et beau, de mettre en évidence, en lumière, comme pour tenter de photographier l’instant et ne rien oublier de cette douceur de vivre, de cet été retranché un peu particulier (30 juillet, 02 août, 12 août). On y découvre aussi une autrice passionnée. Elle est passionnée par les musiques qu’elle écoute chaque matin, passionnée par ce rituel d’écouter une musique chaque matin, passionnée par ce défi d’écriture, passionnée par sa vie, cette maison, sa Sarah, son amour pour elle, son amour pour Bertille, passionnée par la dolce vita et l’écriture, passionnée par les dimanches. Dimanches qu’elle met en écho à travers deux poèmes celui du 30 juillet et celui du 06 août, au point d’en reprendre quelques vers du 30 juillet dans le poème du 06 août : « des miettes qui font une constellation – sur la nappe tachée de lumière ». Un premier dimanche qu’elle passe seule dans la maison tanière suivi d’un dimanche accompagné d’invités. Quel dimanche préfère-t-elle ? Je vous laisse le deviner. 

La seconde partie du recueil a un rythme plus decrescendo, en effet on passe de thématiques intenses et sombres : l’épuisement (10 juillet), la dépression (11 juillet), le manque de la personne que l’on aime (18 juillet), les craintes (20 juillet) ; à un regain d’énergie et d’espoir : la thérapie des mots et du repos (21 juillet), le désir (22 juillet). C’est bon signe et cela signifie qu’elle s’est retrouvée là-bas et qu’elle repart de ces jours off rebootée pour la suite. 

Dans quasiment chaque poème de cette seconde partie, l’autrice expose par les mots qu’elle est allongée soit de manière très claire « Je me suis couchée », « Couchée sur le dos », soit plus subtile « Moi qui garde le lit ». On a une vision très assommante d’elle-même et de sa vie à ce moment précis, ce n’est que dans l’avant-dernier poème (21 juillet) qu’on comprend qu’elle va mieux et qu’elle s’est remise « les murs m’ont regardée – me remettre sur pieds – soulagés ». 

On ressent à la lecture de cette seconde partie et notamment de ces vers, nous aussi un grand soulagement, Pauline va mieux, elle va pouvoir reprendre sa vie en main et reprendre le chemin de l’écriture. 

Je profite également d’être dans l’analyse pour vous présenter probablement mon passage préféré d’un aspect purement littéraire :

Paresse des langueurs de l’été – Caresses des longues heures enfermées (04 août, partie 1)

Cette prosonomasie (cf. Wikipédia : la prosonomasie est une figure de transformation phonique qui a pour effet de rapprocher des mots de sens différents mais partageant une sonorité semblable) me met en joie. Je trouve qu’à l’oral c’est d’autant plus percutant, essayez, vous verrez à quel point ces vers sont beaux et sensuels. 

Mon avis sur le recueil : 

Une fois de plus je suis subjuguée par le talent et par l’écriture de l’autrice. Je trouve qu’elle arrive toujours à transmettre un panel d’émotions et de sensations, et, c’est bien souvent ce que je recherche dans mes lectures : être touchée et trouver une écriture qui me parle. 

Dans ce recueil on vit intensément la vie, la vraie, en quelques pages, la tristesse, la mélancolie, le désarroi, les doutes, l’amour, la passion, la joie on vit tout presque aussi fort qu’elle. J’ai aimé suivre cette quête d’identité pré-publication et post-publication dans ce lieu si particulier où l’on sent l’autrice rassurée, écoutée, presque encouragée par les murs de cette tanière. Le recueil est une vague à l’âme qui transporte par remous de sensibilité le lecteur. 

Une nouvelle fois un coup de cœur, une nouvelle fois je suis émue et touchée par la subtilité des mots, toujours utilisé avec le plus grand soin par l’autrice, une nouvelle fois je vais recommander ce livre un peu trop souvent, une nouvelle fois je m’impatiente de lire le prochain recueil, le prochain roman, le prochain album, bref le prochain n’importe quoi de l’autrice !

Note : 4.5 sur 5.

Et vous alors, l’avez-vous lu ? Si oui, l’avez-vous lu dans le cadre du club de lecture ou pas du tout ? Quel a été votre poème préféré ? Si non, avez-vous maintenant envie de le lire et de découvrir l’autrice ? Dans tous les cas j’espère que l’analyse vous aura plu ! Merci de l’avoir lu jusqu’au bout !

Avec toute mon amitié, Marine.

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Publié dans Féminisme

Moi les hommes, je les déteste – Pauline Harmange

Ce livre je l’ai terminé il y a plusieurs jours voire semaines et je ne m’en remets toujours pas. C’est un bijou qui doit être lu et dévoré par tous et toutes.

Premier fait incroyable l’autrice a mon âge. Elle a 26 ans et elle a publié un essai féministe complètement épatant, qui ne ressasse pas toujours les mêmes idées. C’est un texte novateur et riche écrit par une femme qui a mon âge. Choquée. Deuxième fait incroyable le livre est un best-seller est il a déjà été traduit dans plusieurs langues, rien que ça. Choquée bis.

Bref, revenons-en au texte, ce sera plus intéressant pour vous et moins gênant pour mon fangirlisme aiguë. Pauline propose un essai sur la misandrie et expose au sein de divers chapitres, en quoi la misandrie N’EST PAS le revers de la misogynie et que oui, il peut être légitime voire même nécessaire de détester les hommes quand on est une femme.

Ce que j’ai aimé dans ce texte c’est que j’ai eu l’impression d’être écoutée, d’être soulagée même de découvrir que d’autres femmes partagent ma colère, ma peur, ma tristesse. En une petite centaine de page, Pauline Harmange prouve que les femmes ont le droit d’être vénère et que leur colère est légitime. C’est brillant, vraiment, car au vu du titre un peu piquant j’aurais pensé être en colère à la lecture de ce livre, mais non, je ressors de cette lecture pleine d’espoir parce que ce texte est un élan de sororité qui m’a profondément fait du bien.

Petite mise en garde toutefois, Pauline nuance ses propos dans son essai, rien n’est tout noir ou tout blanc, je préfère prévenir puisque le titre, un peu provocateur, pourrait suggérer que ce n’est pas le cas et pourtant cet essai est intelligemment rédigé et propose à la fois des questionnements variés mais aussi des solutions nuancées.

Un essai, court et profond, à mettre entre toutes les mains pour que les mentalités puissent évoluer encore plus vite ! Un grand bravo à l’autrice, Pauline Harmange pour cet écrit et pour son élan de génie !

Note : 4.5 sur 5.

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Publié dans Littérature, Littérature

Bien des ciels au-dessus du septième – Griet Op de Beeck

TW : suicide

Un roman contemporain nordique ça vous dit ?

Dans ce roman contemporain on suit plusieurs personnages : Lou, Eva, Casper, Elsie et Jos, qui prennent chacun leurs tours la parole au fil des chapitres. Un roman chorale comme je les aime. Tous ces personnages d’une même famille ou presque sont liés par des secrets, des histoires d’amours et des difficultés à surmonter… Ce sont donc au travers de tranches de vie partagées qu’ils vont tenter de s’accrocher à la vie pour trouver entre autre : le bonheur.

Je l’ai plutôt bien aimé ce roman dans l’ensemble, il est assez bien rythmé, le fait de changer de point de vue à chaque chapitre facilite la compréhension et donne des subtilités à l’intrigue principale. Les phrases sont courtes et également très rythmées de part les virgules extrêmement présentes : c’est surprenant au début mais finalement c’est savoureux !

Les personnages sont attachants même si assez clichés par moments car survolés on ne prend pas le temps de les découvrir en profondeur, l’intrigue bien que prévisible reste douce et belle. Bref ce roman n’est pas le roman de l’année, ce n’est pas un coup de coeur mais c’est une lecture pleine de douceur que j’ai pu lire très rapidement malgré ma nouvelle vie avec bébé c’est pour dire !

J’aurais qu’une seule chose à rajouter : ne vous fiez pas à la couverture cosy et réconfortante de ce bouquin, puisque sous ses airs de lecture doudou, le texte est poignant et questionne sur les choix de vie (famille, carrière, couple…) et sur la quête du bonheur. Entre rire, larme, questionnement et passion, ce roman propose à ses lecteurs un condensé de la vraie vie où tout ne se termine pas toujours comme on l’aurait souhaité.

Note : 3.5 sur 5.

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