Cher syndrome de l’imposteur.

Cher syndrome de l’imposteur je m’adresse à toi aujourd’hui. Au quotidien tu ne me facilites vraiment pas la tâche il n’y a pas un seul jour dans ce monde où je ne remets pas l’entièreté de mon existence en question.

Plus jeune c’était physiquement je ne me sentais pas spécialement jolie du coup j’essayais des looks qui ne m’allaient pas nécessairement pour plaire aux autres, à l’adolescence c’est mon caractère que j’ai voulu changer : pas sociable, timide, introvertie, hypersensible… ça aussi ça ne collait pas trop à la société actuelle il fallait être branché, sortir en soirée, avoir un fort caractère pour réussir. Tout ça m’a passé aujourd’hui je suis qui je suis, j’ai un style vestimentaire très minimaliste et simple, je suis un peu étrange au regard des gens mais je me suis habituée à tout ça alors pourquoi il faut que tu frappes encore plus fort quand il s’agit de mes choix professionnels tu m’expliques ?

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Je n’ai jamais su ce que je voulais faire de ma vie, vraiment, je suis du genre touche à tout, tout m’intéresse et m’intrigue à la fois, je suis très curieuse et à cause (grâce ?) à mon hypersensibilité je suis très vite passionnée. Au lycée déjà je n’ai pas su choisir entre les différentes options d’abord L, puis finalement Gestion parce que « ça peut toujours servir » des bases en comptabilité si un jour je gère un truc à mon compte.

Les études supérieures aussi quelle misère j’ai tout essayé d’abord un BTS comptabilité parce que j’insiste « ça peut toujours servir », puis un retour aux sources en faisant Lettres Modernes à fac avant de me rendre compte que la fac c’était pas du tout pour moi, trop contraignant, trop barbant, pas assez de soutien humain et enfin un IUT métiers du livre où je me suis vraiment épanouie et où j’ai longtemps pensé avoir enfin trouvé MA voie. Entre-temps j’ai eu une conscience écologique, un déclic, j’ai donc suivi en parallèle une formation en naturopathie. J’ai toujours été bonne élève donc la charge de travail ne me faisait pas plus peur que ça. À la fin de ma scolarité, mes deux diplômes obtenus j’ai décidé de me lancer dans le monde des adultes (même si je le côtoyais déjà un peu grâce aux nombreux petits boulots étudiants que j’ai pu réaliser afin de payer mes études) j’ai donc commencé en tant que libraire, j’ai pendant un bon moment adoré mon travail, j’étais chaque jour entourée de livres, je ne pouvais pas rêver mieux en tant que grande passionnée de bouquins depuis l’enfance mais je me suis vite rendue compte que ça ne me plaisait pas de VENDRE, au fond de moi je ne voulais pas pousser les gens à surconsommer, je ne voulais pas avoir des défis journaliers à relever pour vendre des titres pas forcément utiles aux clients juste pour faire le chiffre du jour, ça a été très difficile de l’admettre mais je n’étais pas faite pour ça visiblement il fallait s’y résoudre. J’ai tenté la naturopathie à mon compte, j’ai également adoré aux débuts mais ça m’a valu un énorme burn-out, où j’ai fais une dépression qui a été foudroyante et très difficile à gérer de mon côté comme du côté de mes proches. Les problèmes de mes clients je me les appropriais tellement que j’avais l’impression de les vivre à leurs places et d’en souffrir pour eux, j’ai du m’avouer à regret que j’étais trop sensible, trop emphatique pour ce métier et que tant que de mon côté je n’arrivais pas à gérer mes émotions, mes sensations, mon hypersensibilité je ne pouvais pas continuer dans cette voie sans me faire du mal à moi-même.

Suite à ce burn-out je suis allée voir une psychologue, elle a su trouver les mots, elle m’a fait comprendre que ma sensibilité, mon petit côté introvertie, passionnée et curieuse me rendaient unique. Elle m’a conseillé de me lancer dans l’art car les personnes sensibles visiblement arrivent mieux à gérer leurs émotions dans des métiers créatifs et là ça a été le déclic, j’ai toujours aimé dessiné mais je n’ai jamais pensé pouvoir en faire mon métier parce que vous savez, d’autres personnes dessinent bien mieux. J’ai voulu faire des études aux beaux arts à Marseille en sortant du collège mais pour mes parents à ce moment-là de notre histoire ce n’était pas un métier et il fallait sécuriser mon avenir, obtenir un diplôme plus général. D’une certaine façon ce choix qui m’a attristé à l’époque m’a permis de rencontrer Yanis, l’homme que j’aime depuis 9 ans maintenant.

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Quand j’ai recommencé à dessiner suite au rendez-vous avec ma psychologue j’ai une cette impression de respirer à plein poumon, cette sensation de placer la dernière pièce sur un puzzle de plus de 1000 pièce, cette sensation de me trouver moi, Marine Stouppou. J’ai eu une lueur d’espoir, est-ce qu’après tout ce temps, du haut de mes 24 ans j’avais enfin trouvé ma voie, une voie artistique, risquée, en dent de scie ? Oui, mais après tout ce n’est pas grave puisque je ne cherche pas la stabilité, je suis une personne passionnée et j’ai bien compris qu’avoir la passion et la stabilité c’est difficile dans le monde actuel. J’étais donc prête à me lâcher d’une main et à tenter ma chance mais c’était sans compter sans « Monsieur Imposteur » qui a encore une fois décidé de pointer le bout de ton nez et qui a failli tout gâcher. Suis-je assez douée ? Suis-je assez créative ? Suis-je assez légitime ? Suis-je assez pour me différencier et réussir ? Des questions du genre je m’en suis posée 347 par jours pendant plus d’un mois. Car il est vrai que je n’ai pas fais d’études dans l’art hormis une option histoire de l’art à la fac, que je n’ai jamais pris de cours de dessins hormis les cours obligatoires aux collèges et les quelques gribouillis que je faisais à la maison pour passer le temps…

À ce moment-là de ma vie, je ne me sens pas à ma place j’ai l’impression de voler la vedette à des personnes bien plus douées, bien plus motivées, bien plus passionnée, bien plus qualifiées que moi mais au même moment la vie m’envoie un signe, je découvre des illustrateurs, des illustratrices qui disent et avouent ne pas avoir fait d’études, avoir appris en autodidacte et avoir subi un pression énorme par leurs « Imposteurs à eux », ça me parle forcément. Ces mêmes personnes expliquent que l’art est subjectif et que l’on peut faire 4 ans dans les beaux arts le style ne parlera qu’à peu de monde et faire 2 mois d’autodidacte et séduire par son trait, son petit côté original voire surprenant.

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Grâce à ces vidéos et articles de parcours professionnels très différents et très atypiques je me sens plus déjà plus légitime, je me dis que je ne fais rien de mal, que d’une certaine manière je tente de prendre en main mon avenir parce que je n’ai pas su écouter mon intuition plus jeune, la petite voix dans ma tête qui me montrer la direction, la voie à suivre. Aujourd’hui j’ai donc décidé de me livrer dans cette lettre afin de suivre une thérapie contre mon « Imposteur » et je me sens déjà mieux à la rédaction de cette lettre même si je sais que d’une manière ou d’une autre mon syndrome finira bien par revenir, après tout il me suit depuis l’enfance il ne va pas partir comme ça faut pas rêver. Alors peut-être que la solution c’est d’apprendre à vivre avec et lui prouver qu’il ne me fait plus peur que je sais désormais où je veux aller, ce que je veux faire et qu’il pourra me mettre autant de bâtons dans les roues qu’il le souhaite je me relèverai toujours avec encore plus d’énergie et de force. Aujourd’hui j’ai décide de croire en moi et d’arrêter de penser à mon syndrome de l’imposteur pendant un petit temps. Aujourd’hui j’ai décidé de me faire confiance et de faire confiance à vos retours à vous qui achetaient sur ma boutique Etsy pour mon art et non pas pour me faire plaisir comme j’ai pu le penser au lancement. Aujourd’hui je veux devenir Free-lance et montrer à la Marine enfant que je me suis battue, que je reviens de loin mais que finalement j’essaye de faire ce qu’elle a toujours voulu, dessiner et nager à contre courant parce que finalement je crois que j’aime relevé des défis et me compliquer un peu la vie, ça m’anime.

 

J’espère que cet article confession vous a plu, personnellement il m’a fait un bien fou, je pense qu’il fallait que ça sorte à un moment donné, d’une manière ou d’une autre. Et vous, vous avez un syndrome de l’imposteur ? Vous arrivez à le gérer ? Dites moi tout, je serais ravie de voir que je ne suis pas seule à avoir pris le temps avant de l’apprivoiser hihi.

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