Publié dans Littérature

Fragments – Britany Lefebvre

Si vous me suivez sur les réseaux sociaux vous n’êtes pas sans savoir que j’éprouve un amour indescriptible pour la poésie. C’est un genre littéraire qui réussit facilement à me toucher, à me faire vibrer, à m’inspirer. J’aime lire les poèmes que j’achète, surligner certains passages, corner des pages entières lorsqu’un poème me transcende et les relire de temps à autre, par curiosité, par bonheur, par envie.

Fragments c’est un recueil de poème moderne où chaque poème a une forme et une structure originale. On y aborde diverses thématiques dont la confiance en soi, le passage à la vie d’adulte, l’amour… C’est un recueil qui se décompose en plusieurs années où l’autrice livre ses pensées les plus profondes et intimes à plusieurs périodes de sa vie.

C’est un poème d’une douceur déconcertante qui m’a beaucoup touché. La vie de tous les jours est sublimée et les maux semblent plus doux, moins difficile à surmonter. Bref, un immense bravo à l’autrice qui a réussit à faire un merveilleux travail sur ce premier livre, j’espère pouvoir lire d’autres recueils d’elle à l’avenir. En tout cas une chose c’est sûre c’est une personne à suivre de très près. En attendant une prochaine sortie, je me réjouis de pouvoir désormais la suivre sur son compte Instagram poétique que je ne connaissais pas.

Note : 4 sur 5.

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Les Inséparables – Simone de Beauvoir

Il s’agit de mon tout premier Simone de Beauvoir, je n’ai jamais osé passer le cap, par peur de ne pas la comprendre, que son vocabulaire soit trop élitiste pour moi, par peur de me sentir stupide en tentant de lire quelque chose que je n’aurais pas compris et première surprise l’écriture de Simone (tout du moins dans ce texte) est très fluide, on entre rapidement dans le livre et on a même du mal à le reposer tant le texte est addictif. J’ai tellement entendu que Le deuxième sexe était un livre difficile à comprendre que mon cerveau à décidé lui-même que l’ensemble des oeuvres de l’autrice l’était forcément aussi ! Bref en tout cas, je suis vraiment agréablement surprise et je m’impatiente du coup de la découvrir dans Mémoires d’une jeune fille rangée que j’ai déjà dans ma Pile à Lire.

Dans ce récit autobiographique, Simone de Beauvoir décrit son amitié avec Elisabeth Lacoin, surnommée Zaza, décédée de façon très brutale à tout juste la vingtaine. C’est sa rencontre avec Zaza qui va éveiller l’autrice dans son féminisme, ce texte est donc capital pour mieux appréhender l’autrice. En effet, Simone aime véritablement Zaza, c’est presque son âme-soeur et ce lien magnifique qui les unit toutes deux l’entraine dans un remaniement de sa vie.

Zaza est une jeune fille que l’on pourrait qualifier de rebelle puisqu’elle ne fait jamais ce que la société lui impose de faire. Ainsi, en traînant avec elle, Simone s’émancipe en tant que femme et s’éloigne petit à petit du monde qui lui était prédestiné. Ensemble elles vont apprendre à évoluer dans une société qui leur interdit formellement de penser et de devenir des femmes indépendantes. C’est puissant et très girl power : j’adore !

De mon côté j’ai bien évidement adoré ma lecture : je l’ai dévoré en seulement quelques heures, une fois entamé il m’a tout simplement était impossible de reposer le livre. J’étais à la fois happée par l’écriture de Simone et par la folie de Zaza. Bref une merveilleuse découverte littéraire que je vais très probablement m’offrir afin d’en conserver une trace dans ma bibliothèque ! Je vous le recommande vivement.

Note : 4 sur 5.

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La femme gelée – Annie Ernaux

Je vous en parlais récemment dans une dernière chronique j’ai découvert Annie Ernaux il y a peu et j’ai une liste longue comme le bras de livres de l’autrice que j’aimerais découvrir. Quand j’ai vu ce livre en rayonnage à la médiathèque je n’ai pas beaucoup réfléchi et je l’ai embarqué avec moi !

Dans ce roman on parle du poids de la société sur les femmes, c’est un texte qui se veut donc très engagé et très féministe. On prend le temps de mettre un mot sur toutes les inégalités qu’il peut y avoir au sein d’un couple hétérosexuel : charge mentale, mettre sa carrière de côté, élever un enfant seule… C’est un texte une fois de plus profond, criant de vérité qui montre à quel point une femme moderne et active peut vite se sentir prise au piège face à la maternité et au mariage.

C’est typiquement le genre de livre qui se relit au fur et à mesure que l’on avance dans sa vie de femme. Un texte profond qui m’a véritablement touché car malheureusement encore bien trop actuel…

Avec justesse et nostalgie, Annie Ernaux revient sur son passé de jeune fille jusqu’à sa vie d’épouse et démontre avec beaucoup de détails comment l’éducation d’un enfant tournée vers le sexisme peut impacter toute une société. Un bijou !

Note : 4 sur 5.

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Nos résiliences – Agnès Martin-Lugand

Un autre livre de mes emprunts médiathèque qui malheureusement cette fois-ci m’a moins plu que les autres et pourtant il était prometteur. Je ressors donc globalement plutôt déçue de ma lecture et je vais vous expliquer pourquoi.

Si vous me suivez depuis longtemps sur les réseaux sociaux vous n’êtes surement pas sans savoir que Les gens heureux lisent et boivent du café de l’autrice est un de mes livres préférés. Je le relis souvent, il m’apporte beaucoup de douceur et me procure beaucoup de joie. Il est donc vrai que j’ai facilement tendance à me retourner vers l’autrice quand elle a de nouvelles parutions, pas forcément le jour J, ni même durant l’année en cours, mais en règle général, j’essaie toujours de lire ces romans. J’ai d’ailleurs un peu la même obsession avec Tatiana de Rosnay qui est une autrice que j’affectionne particulièrement. Breeeeef, je m’égare.

Ce livre, quand j’ai lu son résumé je me suis tout de suite dis que j’allais probablement beaucoup pleurer à sa lecture et qu’il allait être émotionnellement très intense pour moi. C’est justement un peu tout le problème, je n’ai presque pas était touché par l’histoire de Xavier et Ava et pourtant… je suis très, très, trèèèès sensible. Il m’a manqué une dose de frisson, de larme, de terreur et de sourire au goût salé. Le personnage de Xavier m’a semblé très froid de prime abord et la suite de l’histoire n’a en rien changé cette sensation et concernant le personnage d’Ava, elle ne m’a pas touché, j’ai même eu beaucoup de difficulté à la supporter.

Au delà de ça, je trouve que c’est du déjà vu, je me suis ennuyée de bout en bout. L’écriture est toujours aussi belle et c’est d’ailleurs ce qui fait le charme des romans de l’autrice mais malheureusement cette fois-ci la magie n’était pas au rendez-vous.

Note : 3 sur 5.

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Publié dans Féminisme

Je suis une sur deux – Giulia Foïs

TW : viol.

On parle de viol dans ce livre. C’est difficile mais nécessaire. Dans ce livre, l’autrice Giulia Foïs, que vous connaissez peut-être de la radio, a réussi à poser des mots sur un drame qui lui est arrivé lorsqu’elle était jeune adulte et le tout avec beaucoup d’humour. Ce livre je l’ai lu comme un guide communautaire pour nous toutes, afin que nous sortions de ces quelques pages prêtes à tout affronter et prêtes à venir en aide à nos soeurs. C’était beau, puissant, déconcertant mais c’était surtout essentiel au vu de notre société moderne. Alors je tenais, avant de parler de ce livre plus en détail à remercier l’autrice d’avoir eu le courage, des années plus tard de retranscrire ce qui lui est arrivé, de poser des mots pour toutes les femmes du monde : merci pour tout !

J’ai aimé ce texte parce qu’il est profond et drôle. Court et efficace. Touchant et indispensable. On ressent la douleur, la culpabilité, la honte, la peur, la colère, le rejet des hommes, la peur de ne plus aimer et désirer quelqu’un bref ce témoignage est d’une sincérité folle et c’est ce qui en fait un condensé d’émotion.

Je trouve qu’il en faut du courage pour revenir sur une période aussi difficile, mais également pour la retranscrire en étant une personnalité publique. Il n’empêche que Giulia Foïs n’a pas flanché et a fait son devoir de femme en racontant son viol. Son histoire m’a touché car elle a beau avoir voulu croire en la justice, croire en un monde meilleur, c’est elle que l’on a incriminé. Son violeur n’était pas le coupable dans son viol. Cela semble irréaliste et pourtant c’est le quotidien de nombreuses femmes : la justice se questionne plus sur la tenue et sur le fait d’avoir cédé par peur plutôt que sur le fait qu’un corps étranger pénètre l’intimité, à tous les sens du terme, de la victime. Certains passages, malgré l’écriture assez drôle de l’autrice, m’ont mis dans une rage profonde. Comment pouvons-nous regarder un humain dans les yeux et sortir de telles absurdités ? Comment pouvons-nous oublier qu’un viol n’est jamais consenti et que cette femme en face de soi pourrait un jour être une soeur, une mère, une épouse, une fille ?

Un témoignage qui m’a retourné tant il est bien écrit et tant il est libérateur pour les victimes. La parole se libère et il était grand temps : si vous vous en sentez capable, lisez ce texte qui sous couvert d’humour un peu noir traite avec justesse des horreurs faites aux femmes. Un incontournable à mettre sur toutes les étagères féministes des librairies et bibliothèques !

Note : 4.5 sur 5.

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Publié dans Féminisme, Littérature

Radium Girls – Cy

TW : deuil.

Quelle claque ! Déjà avant toute chose je souhaite profondément remercier Cy pour avoir mis en lumière ces femmes de l’ombre mais également la féliciter pour ces illustrations toutes plus jolies les unes que les autres réalisées entièrement au crayon à papier : respect !

Une autre bande dessinée empruntée à la médiathèque, celle-ci je la recherchais particulièrement, j’avais extrêmement envie de la découvrir et j’en ressors extrêmement satisfaite !

On se retrouve propulsé dans les années 20 en Amérique où le radium est le nouveau matériau à la mode, on en met sur tout, notamment sur les chiffres des horloges afin de pouvoir lire l’heure dessus, la nuit. L’explosion du radium permet de créer des usines à la chaîne où des travailleuses manipulent le radium plusieurs heures par jour. Or, ce radium est extrêmement dangereux pour la santé, sauf que ça et bien elles ne le savent pas encore.

De mon côté je ne connaissais pas du tout l’existence ni même du radium sur les horloges, ni même des radium girls, j’ai tout découvert grâce à Cy. J’ai donc aimé suivre ce groupe de femmes, d’amies et leur combat. Le côté GIRL POWER m’a séduit immédiatement d’autant que l’autrice adapte son angle à l’amitié entre toutes ces femmes touchées par un même problème. Ce mélange d’entraide, de sororité, de puissance féminine m’a mis un coup de pied au fesse pour le reste de la journée !

Toutefois même si c’était instructif au possible et touchant, je regrette que l’on n’ai pas creusé un petit peu plus en profondeur, l’histoire des radium girls m’a sincèrement touché et je suis un peu sur ma faim de ne pas avoir pu en découvrir plus sur le combat qu’elles ont décidé de mener, sur les répercussion que cela a eu mais surtout sur la suite de l’affaire en justice de ces pauvres femmes sacrifiées au profit de l’économie et du capitalisme. Je sais que c’est le point de vue que l’autrice a choisi pour son roman et c’est ok comme ça mais l’âme curieuse qui vit en moi aurait adoré plus de détails. Ce n’est que partie remise, je me renseignerais sur elles de mon côté !

Bref une ode à la sororité qui m’a mis le sourire malgré le destin funeste de ces femmes de l’ombre ! Encore un grand bravo à Cy pour son travail de recherche, de mise en couleur et de graphisme, l’ensemble est vraiment excellent et c’est important de le souligner !

Note : 4 sur 5.

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Publié dans Romans graphiques

Écumes – Ingrid Chabbert et Carole Maurel

TW : deuil, fausse couche.

J’ai emprunté cette bande dessinée à la médiathèque en ayant un véritable coup de foudre pour la couverture. Quand j’ai lu le résumé et que j’ai compris qu’on allait parler de la perte d’un bébé je me suis demandée si j’allais réussir à la lire avec la grossesse. C’est un oui, vous vous en doutez puisque je vous en parle aujourd’hui, car Ingrid Chabbert et Carole Maurel ont réussit à rendre cet épisode sombre doux.

Écumes, c’est avant tout une histoire d’amour, l’histoire d’amour de deux femmes qui s’aiment plus que tout, qui rêvent de fonder une famille et qui après divers essais réussissent à tomber enceinte. La grossesse est difficile et le drame annoncé dans le résumé se produit. Néanmoins malgré la douleur, elles vont ensemble se battre pour leur amour, pour sortir la tête hors de l’eau et pour imaginer un avenir plus doux où tout sera plus beau et simple.

C’est une bande dessiné magnifique, qui traite d’un sujet extrêmement difficile avec une grande poésie. Le point fort reste que cette histoire est autobiographique, on ressent le côté salvateur de retranscrire cette douleur et c’est ce qui rend le tout encore plus beau, plus puissant, puis poignant. Les illustrations (splendides) de Carole Maurel portent avec justesse la peine profonde d’Ingrid Chabbert. Toutefois, j’aurais aimé plus de profondeur encore, il m’a manqué je pense quelques pages pour être prise entièrement dans le creux de la vague.

Note : 3.5 sur 5.

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Publié dans Féminisme, Littérature

Mémoire de fille – Annie Ernaux

TW : sexualité, viol.

Il s’agit de mon premier Annie Ernaux ! Je ne sais pas pourquoi, ni même comment, j’ai pu passer à côté de ses écrits durant toutes ces années. Une chose est certaine je vais réparer cette erreur prochainement en me faisant plusieurs de ces écrits par an.

Dans ce texte on suit l’autrice elle-même (comme souvent, visiblement, dans les livres d’Annie Ernaux) à l’été 1958, elle est jeune, naïve, très peu consciente de son corps et encore moins de celui des hommes. Elle parle avec des mots puissants de son désir nouveau pour la sexualité rapidement opprimé par la société qui ne veut pas de femmes (et encore moins d’adolescentes) qui aiment le sexe.

La singularité de ce texte vient sans doute de cette mise en lumière des fantômes du passé. C’est notre Annie du présent qui narre l’histoire en revenant avec nostalgie sur la Annie qu’elle fut des années plus tôt. C’est poignant, profondément intime et extrêmement bienveillant. Annie ne regrette rien, elle revient simplement sur les faits avec beaucoup de justesse pour se décrire et se comprendre.

Et, c’est justement ce que j’ai préféré avec ce livre parce que ça m’a permis de le savourer. Cela est sans doute dû à la plume de l’autrice qui se veut contemplative, descriptive et pleine de douceur : avec Annie on prend le temps de tout observer, de ralentir et ça fait un bien fou. Alors oui, ça ne plaira pas à tout le monde mais si vous êtes des lecteurs réguliers du blog vous savez que ce que j’aime le plus ce sont les longues descriptions du banal.

Bref, je vous recommande chaudement de lire l’autrice si comme moi vous n’avez pas encore pris le temps de la découvrir. De mon côté j’ai très envie de lire en priorité deux autres de ces titres à savoir La femme gelée qui semble être extrêmement féministe ainsi que Une femme qui parle de la maladie d’Alzheimer et de deuil parental. Si vous avez d’ailleurs lu d’autres livres d’elle, n’hésitez pas à me les recommander, à vrai dire je me suis fais une petite liste spéciale Annie Ernaux pour mes prochaines virées en librairie donc si cette liste se rallonge ce n’est pas bien dérangeant 😛

Note : 4 sur 5.

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Publié dans Littérature

Entre toutes les mères – Ashley Audrain

TW : Deuil, relation mère-fille, secrets de famille.

Par quoi commencer ? Ce texte m’a profondément émue, j’ai aimé cette histoire du début à la fin sans interruption avec une telle puissance… Pfiouf ! C’est beau, parfaitement bien écrit, les mots sont sélectionnés avec soin et le rythme des chapitres est dominé d’une main de maître : j’en ai eu le souffle coupé, à plusieurs reprises. C’est un énorme coup de coeur bien évidemment, au point que je voudrais l’oublier pour pouvoir me réimprégner de cette sensation merveilleuse que j’ai pu ressentir en tournant les pages. Entre douceur, détermination, secret de famille et poids de la maternité, je vous présente aujourd’hui Entre toutes les mères, le premier roman d’Ashley Audrain, qui est une autrice à suivre de très près.

Lire un roman sur la maternité en étant enceinte, on aurait pu penser que ce n’était pas une bonne idée et pourtant, je pense que c’était le bon moment, le moment idéal, celui qui fait que tout a résonné en moi bien plus fort que ce que je ne l’aurais imaginé après mon passage en caisse en librairie.

J’ai aimé la justesse des mots, j’ai aimé la simplicité de la vie menée par les personnages, j’ai aimé les petits moments de tranche de vie où l’on peut s’arrêter et prendre le temps d’observer les détails du petit déjeuner sans que ça n’ai de répercussion sur l’intrigue, j’ai aimé prendre le temps avec Blythe, j’ai aimé Blythe et son amour pour les mots, pour son mari, pour sa famille qui se déchire, j’ai aimé perdre la notion du temps en lisant ce livre parce que j’étais trop à fond pour véritablement penser à autre chose que lire, j’ai aimé la pression qui monte jusqu’à la dernière page et qui fait de ce livre un texte ovni à mi chemin entre littérature contemporaine et thriller, j’ai aimé surligner des phrases parce qu’elles sont belles, parce qu’elles sont poétiques, parce qu’elles sonnent bien, parce qu’elles parlent de la vie avec une élégante simplicité, j’ai aimé aimer ce livre. À vrai dire, j’ai tellement aimé que j’ai envie de l’offrir à tout le monde même à ceux qui ne lisent pas juste pour qu’ils puissent l’avoir chez eux, comme un totem.

Entre toutes les mères est une histoire vraiment particulière qui parle de la maternité et de la relation mère-fille autrement : les peurs, les doutes, la rancoeur, le regret, l’amour, la haine tout y passe. Ashley Audrain a réussi en moins de 400 pages à offrir un roman très addictif, troublant au plus haut point qui se dévore parce que la curiosité l’emporte sur la raison et que cette famille ordinaire en devient extraordinaire par son histoire malaisante. Comme le dit l’autrice elle même, ce roman est un « drame psychologique raconté à travers le prisme de la maternité » et c’est ce mélange invraisemblable qui le rend tout bonnement excellent.

On a souvent tendance à me reprocher de ne pas savoir parler de mes livres coup de coeur parce que je laisse trop l’émotif prendre le dessus et c’est bien vrai, je ne sais pas en parler, je ne sais pas quoi dire (ou plutôt écrire) pour donner envie de le lire. J’ai juste envie d’hurler : « faites-moi confiance ce livre est une pépite ». Mais, en même temps, j’ai peur de décevoir, peur qu’il ne soit pas à la hauteur pour les autres, peur d’en faire trop et que ça fasse l’effet contraire. Donc j’en parle avec des mots qui n’ont ni queue ni tête mais au moins j’en parle et je me dis que peut-être que tout ce déferlement de mots sans ordre précis pourra vous donner envie, ne serait-ce que par curiosité de vous laisser tenter.

C’est à ce jour mon plus gros coup de coeur de l’année donc bien évidemment que je vous le recommande chaudement. De mon côté je vais m’arrêter là avant d’en faire trop. Je vous laisse sur une citation du livre qui retranscrit à merveille selon-moi ce mélange doux-amer qu’offre l’autrice durant tout le roman :

Il arrive qu’un mariage parte à la dérive. Nous ne réalisons pas toujours à quel point nous nous sommes éloignés, mais soudain l’eau rejoint l’horizon et nous avons l’impression que nous ne parviendrons jamais à faire demi-tour. Cherchez le battement de coeur de l’autre dans le courant. Vous vous trouverez toujours. Et ensuite, ensemble, vous rejoindrez la terre ferme. »

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Publié dans Romans graphiques

Anna et Pablo – Bolä

TW : Mort brutale, problèmes familiaux.

Pour résumé l’histoire brièvement on suit Anna, la fille et Pablo le père dans un road trip où leur relation très tendue est mise à rude épreuve. Sous son air de voyage initiatique la bande dessinée aborde des thèmes forts comme la culpabilité, la peur de mourir et la quête du pardon.

Je ressors de cette lecture extrêmement partagée. À la fois j’ai adoré le graphisme, les couleurs chaudes, l’ambiance et le côté très décalé de la BD mais à la fois je n’ai pas du tout aimé la rapidité d’exécution, la fin trop ouverte et le personnage du papa.

Mitigée donc, une lecture sympathique mais qui manque cruellement, selon moi, de détails : tout va trop vite on ne s’attache pas assez aux personnages pour ressentir de l’empathie vis à vis de leur histoire et c’est bien dommage car l’idée de base est bonne et que les planches sont de véritables petits bijoux pour les yeux.

Note : 3 sur 5.

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