Publié dans Poésie

Poèmes saturniens – Paul Verlaine

Un magnifique recueil de poème que j’ai adoré relire bien des années plus tard après mon lycée. Je le trouve toujours aussi beau et touchant. Les poèmes sont d’une douceur inouïe, les vers sont mélodieux et ont su trouver un écho en moi.

Cela ne plaira pas à tout le monde, c’est évident, mais personnellement, même des années plus tard je trouve toujours ces mots percutants. À lire et à relire de temps en temps pour se refaire un shoot de délicatesse. Mention spéciale au poème Soleils couchants qui reste mon petit favoris du lot.

Une aube affaiblie, Verse par les champ, La Mélancolie, Des soleils couchants.

Note : 4 sur 5.

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Publié dans Classiques de la littérature

Anna Karénine – Tolstoï

Résumé de l’histoire (avec spoiler)

Anna Karénine est une jeune femme mariée à Alexis Karénine. Un jour, Anna se rend à Moscou chez son frère, Stiva Oblonski, qui lui demande de venir pour prendre sa défense vis-à-vis de sa femme Dolly. Ce dernier l’a trompé, il s’en veut terriblement et souhaite renouer des liens avec son épouse qui de son côté ne consent à lui pardonner. Il fait donc appel à sa sœur pour apaiser un peu les tensions familiales. 

En descendant du train qui l’amène voir son frère, elle croise le comte Vronski. Anna tombe folle amoureuse de lui, malgré le fait qu’elle soit déjà mariée à Alexis. Elle lutte contre cette passion nouvelle mais s’y abandonne et finit même par tomber enceinte. Se sentant coupable elle décide d’avouer son infidélité à son mari qui souhaite mettre fin à cette relation et divorcer afin de pouvoir garder le contrôle sur son image. 

La grossesse d’Anna se déroule très mal, en effet, après avoir accouché, Anna tombe extrêmement malade et se sent mourante. Prise de désespoir elle envoie un courrier à son mari, lui demandant son pardon, ce qu’il fera ému par ses remords. Anna ne mourra pas, elle partira faire sa vie avec Vronski et leur fille. Elle finira par sombrer dans la folie à cause de sa jalousie maladive et décidera de mettre fin à ses jours pour ne plus avoir à supporter ce mal-être qui ne cesse de croître en elle. 

En parallèle de cette histoire, nous suivons un autre couple celui de Kitty et Lévine. Kitty est la sœur de Dolly et est en âge de se marier. Un jour Lévine lui demande sa main, Kitty refuse car elle ressent une passion dévorante pour Vronski. Néanmoins ce dernier se prend d’amour pour Anna qu’il croise à la gare et décide de partir avec elle laissant Kitty seule, désemparée et en détresse. Kitty reviendra sur ses positions et renouera un lien avec Lévine, se rendant compte, au demeurant, que l’amour peut parfois mettre du temps à se créer au sein d’un couple mais qu’il reste toujours plus fidèle que la passion sur le long terme (cf. Anna et Alexis mais également Stiva et Dolly).

Bref, il y a pas mal d’intrigues amoureuses dans ce roman, toutes se croisent et toutes s’apportent mutuellement quelque chose, c’est véritablement passionnant ! 

L’analyse littéraire

On est directement plongé dans le quotidien de trois couples de la haute bourgeoisie russe du XIXème siècle qui ont des problèmes ma foi très actuels : infidélité, jalousie, passion, peur du regard des autres…

  • Dolly qui a été trompé par son mari se résigne à lui pardonner mais ne l’aimera plus vraiment, elle restera avec lui plus par convention qu’autre chose.
  • Anna, mariée, tombe folle amoureuse de Vronski et prend le risque de mettre à mal son statut social par passion.
  • Lévine qui est fou amoureux de Kitty sait qu’il n’a jamais été le premier choix de Kitty et ne pourra s’empêcher d’être jaloux de tous les autres hommes autour de lui. 

Néanmoins, Anna Karénine, n’est pas seulement un roman d’amour ou un roman sur l’adultère. En effet c’est également un roman sur la quête de l’absolu, sur ce besoin de tout obtenir de manière insatiable. Le roman est nettement plus sombre qu’il n’y paraît puisque pour, Anna par exemple, seule la mort réussira à la rassasier. L’histoire d’Anna, comme celle de tous les protagonistes de ce roman, pourrait se résumer à une quête du bonheur, à une quête du parfait, mais ces quêtes ne sont qu’illusoires puisqu’elles sont impossibles à atteindre. Le bonheur parfait n’existe pas, nous sommes tous obligés de passer par des moments un peu down pour connaître des moments plus doux, par des phases de désillusions et d’épreuves difficiles pour caresser un jour l’idée d’être heureux. 

Concernant les protagonistes, ils ont tous un rôle majeur à jouer dans ce roman. Toutefois là où les trois quarts des lecteurs d’Anna Karénine ont trouvé que Lévine était le personnage le plus intéressant et bien je ne m’y retrouve pas. Selon moi c’est le personnage d’Anna qui est passionnant et fascinant. En effet, elle tient plusieurs rôles dans cette histoire et c’est pour cela que c’est le personnage que j’ai préféré suivre. Anna est une femme qui attire les regards, elle est moderne et se fiche de ce que peuvent penser les personnes de son rang, seul son bonheur l’importe.  En effet, le fait de quitter son mari, pour vivre avec son amant va totalement à l’encontre des mœurs de l’époque. Elle ose partir, elle ose se montrer en présence de Vronski dans la haute société, elle ose vivre sa vie comme bon lui semble. Selon moi Anna est l’incarnation de la liberté dans ce roman, ce qui le rend moderne. 

Décidément, tu ne veux voir dans la femme qu’une couveuse !… Oui, elle s’occupe de sa fille, elle l’élève même très bien, mais elle ne fait pas parade de cette enfant. Ses principales occupations sont d’ordre intellectuel : elle écrit.

Et c’est d’ailleurs ce qui m’a profondément frappé avec Anna Karénine, c’est un œuvre moderne, qui se démarque, elle parle d’adultère mais elle souligne également l’injustice que subissent les femmes dans ce monde hypocrite de la haute bourgeoisie. Anna est une féministe avant-gardiste, elle fait des choix pour elle sans prendre en considération les autres et elle fait surtout ce que font tous les hommes de l’époque sans pour autant être jugés et pointés du doigt. Elle croque la vie a pleine dent et n’écoute pas les qu’en-dira-t-on ! C’est un personnage qui peut paraître très frigide mais c’est au contraire un personnage d’une grande sensibilité qui ne peut se contenter de vivre une vie sans passion. 

J’ai d’ailleurs au cours de ma lecture était très surprise de voir à quel point Tolstoï se met facilement à la place de ses héroïnes féminines. Les passages qui relatent de la maternité sont réels et pas du tout édulcorés, moi qui suis enceinte à l’heure où j’écris ces mots, je me suis souvent retrouvée dans le discours de toutes ces femmes.  

Si notre jolie Kitty enlaidit pour le moment, combien à chaque grossesse ne dois-je pas être affreuse !… Et puis les couches, les affreuses couches, le déchirement de la dernière minute, les misères de l’allaitement, les nuits d’insomnie, toujours des souffrances, des souffrances atroces !… Et Dolly tressaillit au souvenir des crevasses aux seins dont elle souffrait à chaque grossesse.

Un autre personnage sur lequel on ne met selon moi pas assez l’accent, c’est celui d’Alexis, le mari d’Anna. C’est un homme qui travaille énormément, c’est justement ce côté workaholic qui fera que son épouse ira voir ailleurs, elle s’ennuie dans son mariage et a besoin d’un peu de fantaisie. Néanmoins, Alexis est un homme issu d’un rang plutôt haut au sein de la société et il laisse sa femme le tromper sous réserve qu’elle reste discrète. Il tolère l’adultère sous réserve qu’il ne se fasse pas aux yeux de tous. Dans le fond c’est celui qui souffre le plus et qui perd le plus. Il devient la risée de toute un rang, il n’a plus d’épouse, il pardonne Anna quand elle est au plus mal et est profondément attristé de sa mort malgré tout. C’est un personnage qui a une profonde empathie, qui ne souhaite pas spécialement faire du mal à ses proches. C’est un personnage qui m’a fait beaucoup de peine, puisqu’il est profondément bon mais cela ne lui réussit pas vraiment car sa bonté est plus perçue comme une faille qu’autre chose. In fine c’est le personnage qui a le plus perdu de plumes dans ce roman. 

Finalement quand on y réfléchit Anna Karénine c’est un roman qui se veut encore très actuel, il dépeint une société fausse, dans le paraître, qui veut tout et tout de suite et qui met de côté les femmes ainsi que les bonnes personnes. Oui, je sais, c’est flippant de se dire que le monde n’a pas vraiment avancé depuis la publication de ce livre ! 

Mon avis

Je n’ai jamais osé lire ce livre avant, j’avais peur que le style soit trop difficile et au vu du nombre de pages j’avais peur de perdre pieds mais vraiment pas, le style de Tolstoï est très accessible pour peu que l’on passe un peu sur les noms russes assez délicats à retenir je vous l’accorde 😛 

Ce livre c’est la vie, la vraie, il n’est pas romancé, pas exagéré, il est réel. C’est un roman qui permet de mieux appréhender la haute société russe de l’époque et ses sournoiseries tout en revenant sur la condition des femmes de l’époque. C’est un texte riche et audacieux qui se doit d’être lu et qui mérite son appellation de classique de la littérature. Je reviendrais tôt ou tard vers Tolstoï, je suis trop curieuse de découvrir le reste de ses œuvres et voir s’ils sont tous aussi bons qu’Anna Karénine

J’ai adoré et je recommande vraiment ! Le nombre de page peut effrayer mais vraiment ne vous fiez pas aux apparences, on ne les voit pas passer !

Elle voit en vous une véritable héroïne de roman, et prétend que, si elle était un homme, elle ferait mille folies pour vous.

Pour aller plus loin sur Anna Karénine

  • Mention spéciale pour le film de Joe Wright avec Keira Knightley, Jude Law en acteurs principaux, que j’ai désiré regarder à la suite de ma lecture et qui est je trouve extrêmement fidèle à l’oeuvre littéraire. Si vous ne vous sentez pas de partir sur la lecture sans savoir de quoi ça parle je vous invite chaudement du coup à vous regarder ce film, qui date de 2012 et qui est très bien réalisé.
  • La vidéo YouTube de la chaîne de vulgarisation littéraire au 80 000 abonnés, Le mock sur l’oeuvre entière.
  • La version audio, disponible sur Audible gratuitement pour le mois d’essai ! (je touche une petite commission si vous testez l’offre gratuite)

Note : 4.5 sur 5.

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Publié dans Littérature

Les enfants sont rois – Delphine de Vigan

Delphine de Vigan a encore frappé et a une fois de plus écrit un chef d’oeuvre sur une thématique qui se veut très actuelle à savoir l’exposition des enfants sur les réseaux sociaux.

Dans ce roman on va suivre le personnage de Mélanie Claux qui a toujours voulu être célèbre. Elle n’a pas de talent particulier mais elle va réussir à créer toute une communauté autour de ses enfants, Sammy et Kimmy, en lançant une chaîne YouTube familiale. Au programme : unboxing, vlog dans des parcs d’attractions, test de divers jeux et jouets… La chaîne YouTube est un succès, passe le cap de plusieurs millions d’abonnés, Mélanie vit un rêve éveillé elle est enfin connue dans le monde entier. Néanmoins, sa vie rêvée va prendre un tournant dramatique le jour où sa fille, Kimmy, va être enlevée juste en bas de leur maison le temps d’une partie de cache-cache entre voisins.

J’ai absolument adoré ce roman que j’ai trouvé extrêmement bien écrit et percutant. Il remet en question l’utilisation des réseaux sociaux par ses dérives et son addiction. Le sujet est très bien traité, maîtrisé et sourcé par l’autrice et la psychologie des personnages y est très fine. Le récit se découpe en deux parties, une première glaçante qui se dévore tel un roman policier et une seconde qui analyse un peu le futur des réseaux sociaux, l’engrenage que cela est et l’avenir de ces enfants sur-médiatisés à des âges où selon toute vraisemblance ils n’ont pas réellement conscience de ce qu’ils font avec leur image.

La question que pose ce roman c’est que deviennent ces enfants médiatisés ? Que devient la vie de ces milliers d’enfants exposés que des millions de personnes ont l’impression de connaître depuis toujours ? C’est un texte très qualitatif qui permet de se remettre en question, d’avoir un regard neuf sur tous ces comptes Instagram où l’enfant semble être un panneau publicitaire, ça permet de se questionner et de réfléchir différemment : est-ce éthique ? est-ce que les enfants sont heureux ? à qui va l’argent ? les enfants sont-ils conscients de leur image ? les enfants ont-ils conscients d’être suivi par autant de personnes ? que deviennent-ils quand le succès cesse ? comment ces enfants deviennent des adultes équilibrés ? ces enfants ont-ils une valeur réelle du monde qui les entoure, eux qui ont toujours tout eu ? Bref des tonnes de questions sont amenées par l’autrice et font que lorsque l’on referme le livre on est tout bonnement obligé de s’interroger que ce soit sur le contenu que l’on suit ou le contenu que l’on post. Bref c’était passionnant, j’ai adoré, une fois de plus Delphine de Vigan m’a embarquée dans ce roman vertigineux mais nécessaire !

Note : 4 sur 5.

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Publié dans Littérature

Célestine du bac – Tatiana de Rosnay

Pour les personnes qui me suivent depuis l’époque de Tartinneauxpommes, cette époque où j’étais booktubeuse, vous le savez sans doute, Tatiana de Rosnay est une autrice que j’affectionne particulièrement, j’ai tout lu (ou presque) d’elle ! En tant que grande adepte de ses écrits j’étais très curieuse de découvrir son dernier roman en date, mais, malheureusement, je n’ai pas ressenti la magie habituelle et j’en ressors plutôt déçue, je vous explique tout ça de ce pas !

Le livre se divise en deux grandes parties une première qui m’a vraiment beaucoup plu et une seconde qui selon moi se perd un peu, qui devient trop fantastique et qui m’a pour le coup laissé de côté. Dans ce texte on découvre le personnage de Martin, un jeune adulte de 18 ans, issus de bonne famille qui aime plus que tout écrire. En parallèle on découvre à quelques pas de la rue où vit Martin, le personnage de Célestine, une vieille dame, sans domicile fixe qui elle aussi visiblement aime écrire. Tout oppose ces deux protagonistes : âge, sexe, milieu social mais leurs chemins se croisent un jour et ils vont faire un petit bout de ce chemin ensemble.

Ce que j’ai aimé dans ce texte c’est qu’il dénonce beaucoup de problèmes de sociétés très actuels. La première partie tisse la rencontre de Martin et Célestine et véritablement elle m’a profondément émue, ces deux êtres qui n’ont rien en commun et qui s’apportent mutuellement énormément. La bonté, sagesse, bienveillance de Martin, qui du haut de ses 18 ans est plus mature et respectueux que le 3/4 des adultes qui l’entourent, m’a vraiment touché. Le personnage de Célestine aussi qui porte son lot de difficulté et de désarroi, qui est fermée comme une huitre et qui petit à petit va laisser Martin entrer dans sa vie et son quotidien un peu foireux. Toutefois dès la seconde partie, on ne se focus plus que sur le personnage de Martin et on oublie ce duo qui m’a tant touché. On parle seulement d’amour, de quête de soi, c’est très fleur bleu tout en laissant apparaître le début d’une intrigue fantastique. L’autrice m’a perdu, moi qui aimait le fait que l’on dénonce, que l’on mette en lumière l’entraide et la bienveillance dans la première partie, ce ne sont plus du tout des thématiques abordées dans la seconde, on est plus sur un conte et ça m’a fait perdre pied.

Ce livre s’achève sur un mot de l’autrice où Tatiana de Rosnay nous informe qu’elle a écrit ce livre entre 1990 et 1993 et qu’il avait été refusé par son premier éditeur, il est donc resté toutes ces années durant dans un carton. Cela explique peut-être le fait que moi qui ai tout lu d’elle je me suis pas spécialement retrouvée entre ces lignes et c’est bien dommage parce que je ressors au global plutôt déçue de ma lecture.

Note : 2.5 sur 5.

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Publié dans Féminisme, Littérature

La Belle est la Bête – Floriane Joseph

TW : agression physique

Ce livre est un ovni littéraire à mi chemin entre le roman contemporain et le conte. Un conte moderne aux accents orientaux, où les femmes sont puissantes et mises en lumière. Un roman contemporain puisqu’il aborde des thématiques politiques et sociales très actuelles. J’ai adoré ma lecture et je trouve que pour un premier roman il est vraiment très, très bon. L’autrice a beaucoup de talent et j’espère un long avenir littéraire devant elle !

Comme je vous le disais ce premier roman est véritablement atypique. Il porte à la fois sur la reconstruction de soi et sur la beauté physique de la femme. Le regard de l’autrice tout au long de cet ouvrage est donc très féministe, pour mon plus grand bonheur mais je préfère prévenir, ça ne parlera pas à tout le monde.

Dans ce texte on suit Leila, une princesse qui vient d’être victime d’une agression qualifiée de terroriste : on l’a volontairement attaqué à l’acide au visage afin de la défigurer. Ce qui m’a le plus touché dans cette histoire c’est que la douleur de Leila ne vient pas de l’acide en tant que tel, elle vient plutôt du fait qu’on lui ai défiguré le visage, son beau visage qu’elle doit désormais se réapproprier : elle le trouve laid son visage désormais, elle trouve qu’il n’est plus le sien, qu’il n’a plus d’âme. Elle ne s’aime plus, ne se reconnaît plus, se trouve même monstrueuse au point de se masquer le visage pour sortir. Le masque devient l’artifice de Leila et je trouve que c’est un doux parallèle avec le maquillage et les filtres qui font que dans notre société moderne, les femmes ne s’aiment plus au naturel, ne s’aiment plus sans artifice non plus.

Les masques l’aident à s’émanciper, grâce à eux Leila réapprend à vivre après cette agression, elle s’apprivoise tout en douceur. Ils la mettent en confiance et font qu’elle réussit petit à petit à passer au dessus des regards des uns et des autres qui la qualifient de monstrueuse. Ce regain de confiance en elle lui permet d’apprendre à se connaître de façon plus intime ainsi elle se libère des moeurs et devient sexuellement plus libérée. Elle va de bal en bal pour trouver des des hommes et des femmes qui voudraient bien explorer avec elle son corps. Toutefois cette phase ne dure qu’un temps et malgré le fait qu’elle se reconstruit grâce à sa sexualité elle ressent un besoin irrépressible d’amour. Mais… qui peut bien vouloir aimer un monstre ? C’est là tout le but de cette histoire.

Un livre passionnant, déroutant, bluffant, poétique, profondément féministe et inscrit dans des faits bien plus actuels qu’il n’y paraît. J’ai vraiment aimé de tout mon coeur !

Note : 4 sur 5.

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Publié dans Classiques de la littérature, Féminisme, Littérature

Inceste – Anaïs Nin

TW : inceste, naissance mort-né.

Dans ce livre on a un petit aperçu de deux années du journal intime qu’a tenu Anaïs Nin tout au long de sa vie. Ce journal regroupe diverses données : des pensées, des lettres qu’elle a pu écrire, des lettres qu’elle a reçu, des analyses de rêves… C’est d’ailleurs assez difficile de rentrer dans le journal au début car finalement il n’a ni queue ni tête, ce journal suit un peu le fil d’une pensée. L’écriture est très orale, on a l’impression véritablement qu’elle écrit exactement comme elle le pense : sans filtre. Pour beaucoup d’analyste le journal d’Anaïs Nin est sa plus grande oeuvre et après en avoir lu un morceau je suis plutôt d’accord, je trouve que le journal lui ressemble c’est tout aussi extravagant qu’elle (dans le bon sens du terme).

À travers ce journal, on découvre ses diverses relations sous leurs formes la plus vraie, la plus brute. Ce sont des relations qui de prime abord peuvent paraître purement charnelles et sexuelles mais au fil des pages on se rend vite compte que de toute évidence Anaïs aime sincèrement toutes les personnes qu’elle rencontre. Il est extrêmement difficile pour elle de se poser et de n’aimer qu’une seule personne jusqu’à la fin de sa vie pour la simple et bonne raison qu’elle tombe éperdument amoureuse de chaque corps qu’elle rencontre. Ce ne sont pas des amourettes de passage, elle y revient toujours, elle doit même mentir aux uns et aux autres pour se protéger et protéger toutes ces histoires. Anaïs est une femme moderne et passionnée et il est inconcevable pour elle de passer le reste de sa vie avec une seule personne, c’est d’ailleurs ce qui fait selon moi son charme. Quand on re-contextualise tout ça, à l’époque dans laquelle Anaïs vivait, c’est une façon de pensée extrêmement actuelle.  

Il m’est difficile de m’en souvenir en ce moment. La vie réelle est ici. L’autre est irréelle. Chez moi : c’est ici. Le soir, ivre d’avoir rêvé. Je commence notre conte de fées.

Anaïs semble être a mi chemin entre le pluriamour et la pansexualité : elle est libre. Elle suit ses envies, ses pensées, ses besoins sans que des règles en tout genre ne puissent l’empêcher d’exister.

Au delà de cette vision moderne de l’amour, on peut suivre sa relation avec son père, une relation incestueuse où Anaïs tente de séduire un père absent, un père qui ne s’oppose pas à cette séduction et qui est donc, selon moi, assez problématique dans son rôle de père. Ce sont des passages aussi troublants, qu’intéressants, aussi écoeurants que fascinants. Anaïs parle également à plusieurs reprises de ses menstruations dans son journal, elle en parle sans tabou, avec recul même, comme si elle avait une connexion particulière avec elles. Il en est de même pour la maternité, en effet, elle tombe enceinte et met au monde un bébé mort-né. On aurait pu s’attendre à ce qu’elle n’en parle pas et pourtant si, elle en parle, elle brise des tabous, elle partage ses émotions et sensations sur sa maternité, son accouchement et son non-désir d’avoir des enfants. Bref c’est passionnant, véritablement ce journal est une mine d’information sur l’autrice et son époque. Je m’impatiente déjà de découvrir d’autres moments clés de son journal dans des éditions à venir ou des éditions plus anciennes. Une chose est sûre, j’aime profondément Anaïs Nin que ce soit pour ses écrits, ses bizarreries, sa modernité ou son histoire, c’est une femme passionnante qui amène un regard nouveau sur la condition des femmes de lettres à son époque.

Je déborde. Je parle trop. J’aime trop. Je veux travailler. J’aime la confusion qui règne dans ma tête, parce que ce tourbillon de sentiments me trouble et me fait perdre le contrôle de moi-même.

Note : 4.5 sur 5.

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Publié dans Maternité et Parentalité

Au coeur des émotions de l’enfant – Isabelle Filliozat

Un petit livre sur les émotions des enfants, qui permet de donner des clés à l’adulte pour mieux comprendre ce que l’enfant ressent au quotidien face à la joie, la peur, la colère, la tristesse…

Pour ma part, j’ai adoré ce livre, très court, qui permet grâce à des petites techniques assez logiques de mieux cerner le langage de l’enfant et l’implicite chez l’enfant, afin qu’en tant qu’adulte, nous puissions de notre côté apprendre à changer de regard sur ce qu’il se passe vraiment dans leur petite tête. Des méthodes simples qui vont permettre à l’enfant d’avoir une enfance plus épanouie, de devenir un adulte équilibré, emphatique, bienveillant, tolérant et à l’écoute de ses besoins.

Nous sommes les seuls à pouvoir changer le monde de demain en éduquant nos enfants dans le respect de soi et des autres, l’avenir c’est nous qui pouvons le changer en donnant les bons outils à nos enfants dès le plus jeune âge. Je suis intimement persuadée que l’humanité irait beaucoup mieux si tous les parents du monde avaient accès à toutes ces informations sur l’enfant et son comportement mais également que cela permettrait au monde de demain d’être meilleur : c’est en éduquant des enfants qui deviendront la meilleure version d’eux-même que l’on réussira à changer la donne.

Bref, j’ai trouvé ce livre très concret et très abordable, il se lit très facilement malgré la thématique qui peut paraître de prime abord « élitiste ». Certains passages sont un peu longs là où, selon moi, d’autres auraient mérités d’être plus creusés mais au global c’est un ouvrage efficace qui permet d’apprendre beaucoup. Je le recommande chaudement !

Note : 4 sur 5.

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Publié dans Littérature

La tresse – Laetitia Colombani

Un livre qui a fait beaucoup parlé de lui il y a quelques années et que de mon côté je n’avais toujours pas lu car il ne me tentait pas. Finalement, j’ai profité d’une offre sur ma liseuse où le livre était bradé pour le découvrir et clairement c’était selon moi bien mais sans plus.

Pour la petite histoire on va suivre trois femmes menant des vies extrêmement différentes et vivant chacune à l’autre bout du monde. Smita est en Inde, Giulia en Italie et Sarah au Canada : trois femmes, trois pays, trois combats, chacune d’elle a tout à perdre et cherche à s’en sortir pour mener sa vie rêvée.

Je ne peux pas dire que l’histoire ne m’a pas touché du tout mais je pense qu’à cause de la structure du texte à savoir un chapitre, un point de vue, j’ai vu clairement où l’autrice allait dès le premier quart du livre et ça m’ennuyait un peu, pour être profondément honnête avec vous, de ne pas avoir d’effet de surprise. Je pense aussi que le fait que le texte ait été autant encensé par la critique a fait que j’ai mis la barre très haute (trop haute ?) et du coup ça retombe un peu comme un soufflé.

Indéniablement l’autrice écrit bien, les chapitres sont bien rythmés et l’intrigue suscite un intérêt mais je trouve que les héroïnes manquent d’authenticité, de background et puis j’aurais voulu aller plus loin dans le combat féministe. Donc oui, bien sûr le parcours de ces trois femmes est inspirant mais je m’attendais à plus, je trouve une nouvelle fois que l’on ne creuse pas et que l’on reste en permanence en surface sans mettre le doigt sur le fond du problème à savoir le patriarcat, les privilèges, les traditions… Bref, je ressors ennuyée de cette histoire, je m’attendais à tellement plus que finalement je suis tout à fait passée à côté.

Note : 2.5 sur 5.

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Publié dans Classiques de la littérature

La plage – Cesare Pavese

J’ai eu envie de découvrir cet auteur que je connaissais pas grâce à Morgane Ortin, fondatrice du compte Amours Solitaires, et ses rendez-vous littéraires Radio Morgane qu’elle propose assez régulièrement sur son compte Instagram et où elle met en avant des correspondances un peu oubliées. J’adore suivre ses vidéos, j’adore l’écouter parler de toutes ces lettres avec fascination et passion, puis la voix de Morgane est si douce que même les lettres les plus difficiles se laissent écouter sans grande difficulté. Ainsi, lors de sa lecture de la lettre d’amour (et de suicide) de Cesare Pavese à Pierina j’ai eu envie d’apprendre à le connaître et le découvrir à l’écrit.

Dans ce court livre édité chez Folio, on suit le narrateur qui est invité par son ami d’enfance et sa femme à passer des vacances sous le soleil dans leur villa. On se rend vite compte que le narrateur observe jalousement ce couple d’ami, qu’il tente de mettre un peu à mal leur relation. Mise à part ça rien ne se passe vraiment dans ce livre et d’ailleurs finalement rien n’est dit non plus. On est sur du contemplatif, des secrets, du désespoir, de la solitude, des moments volés. L’auteur lui même dit de son livre : « Il représente une distraction, humaine ma foi, et en somme, s’il en valait la peine, je m’en repentirais. C’est ce qu’on appelle une pure recherche de style. » J’avoue que cela me rassure un peu parce que je me suis ennuyée, je n’ai trouvé que peu d’intérêt à ce livre qui dépeint juste des moments de vie (ce que j’adore en principe) mais avec ce sentiment bien trop évident de malhonnêteté de la part de tous les personnages : trop de non-dits, trop de bons sentiments, trop de manières.

Je ressors donc de cette lecture déçue globalement je m’attendais à mieux en ayant eu un aperçu de sa plume par Morgane. D’autant que Cesare Pavese est quand même un expert du domaine littéraire, il a étudié la littérature anglaise, écrit une thèse sur Walt Whitman, traduit de grands noms comme James Joyce, Herman Melville ou encore Charles Dickens. Il n’empêche que je vais retenter l’expérience mais avec le livre qu’il a terminé d’achever avant son suicide, Le métier de vivre, qui a eu une parution posthume et qui est un journal intime retraçant les moments clés de sa vie.

Je pardonne à tout le monde et à tout le monde je demande pardon. Ça va ? Ne faites pas trop de commérages.

Note : 2.5 sur 5.

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Le Dérèglement joyeux de la métrique amoureuse – Mathias Malzieu

Mathias Malzieu, l’auteur dont j’ai absolument tout lu. Je suis une fan absolue de ces textes et j’attends toujours avec beaucoup d’impatience les prochaines publications avec l’impression que le temps est toujours bien trop long entre la dernière publication et la nouvelle !

Ce recueil de poésie est tout bonnement sublime, de part les mots de Malzieu qui ont cette facilité déconcertante à me toucher en plein coeur et me faire vibrer l’âme sans demi-mesure mais également grâce au travail artistique de Daria Nelson, que j’ai découvert grâce au livre et que j’ai beaucoup apprécié. L’ensemble se marie à la perfection et fait de ce livre objet, un livre unique.

Concernant le texte en tant que tel, que dire, moi qui aime la poésie avec Malzieu je suis servie. Je me délecte de chaque phrase, chaque page, chaque mot. C’est intimiste, c’est charnel, c’est romantique, c’est mélancolique.

Ton corps est un parc à t’aime.

Lire du Malzieu c’est un peu ma madeleine de Proust à moi, je sais que je vais passer un moment merveilleux tout comme je sais que ce sera déjà trop court. Une poésie moderne comme je les aime, je recommande évidemment mais en même temps qui ne recommanderait pas du Mathias Malzieu, je vous le demande !

Note : 4.5 sur 5.

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