Publié dans Classiques de la littérature

Aurélien – Aragon

Que dire… Ce livre n’est pas un coup de coeur comme je l’aurais pensé (espéré ?) mais ce n’est pas passé loin, il ne manquait pas grand chose pour que mon coeur explose littéralement.

Dans ce livre on va découvrir une histoire d’amour d’une beauté folle (mais impossible) sur fond d’après-guerre et de faits historiques. Avant de me lancer corps et âmes dans Aurélien, j’avais peur que la plume d’Aragon me lasse, je ne serais pas trop vous dire pourquoi… Je pense que c’est parce que je connais le Aragon poète et pas le Aragon romancier. Une chose est sûre dès l’incipit, Aragon a su me séduire. La plume poétique d’Aragon convient parfaitement au genre du roman d’amour. D’ailleurs ce côté « poétique » est d’autant plus envoûtant et saisissant quand Aragon raconte et décrit les décors ainsi que les petits détails « insignifiants » du quotidien.

Le petit point qui m’a dérangé malheureusement et qui fait que ce n’est pas un coup de coeur, c’est que par moment j’ai eu des impressions de longueurs. Très peu souvent certes mais c’est arrivé. Par ailleurs je le précise aussi parce que je pense que c’est assez important, pour lire ce livre et l’apprécier, il vaut mieux se mettre en condition et bien se rentrer dans la tête que le texte a était écrit dans une toute autre époque. En effet Aragon tient parfois des propos racistes et dégradants vis-à-vis des femmes. Si vous ne vous en sentez pas capable, passez votre tour sinon vous risquez de ne pas passer un bon moment, d’autant que le livre fait plus de 700 pages, ce serait dommage de vous infliger ça.

Cependant, si vous souhaitez lire Aurélien, sachez aussi qu’Aragon parle de l’amour merveilleusement bien ! J’ai dû corner une page du livre toutes les vingt pages environ tant je trouvais que certains passages étaient divins. La fangirl que je suis rêve maintenant qu’on m’écrive des mots aussi beaux qu’Aragon sait le faire 🥰 (comment ça je rêve ?)

Pour conclure, j’ai adoré lire Aragon dans autre chose que de la poésie. La fin m’a coupé le souffle, j’ai cru ne jamais m’en remettre tant elle est belle et atroce à la fois. Bérénice et Aurélien, les deux protagonistes principaux du livre, proposent une histoire d’amour qui restera longtemps je pense parmi mes préférées.

Note : 4.5 sur 5.

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Anna Karénine – Tolstoï

Résumé de l’histoire (avec spoiler)

Anna Karénine est une jeune femme mariée à Alexis Karénine. Un jour, Anna se rend à Moscou chez son frère, Stiva Oblonski, qui lui demande de venir pour prendre sa défense vis-à-vis de sa femme Dolly. Ce dernier l’a trompé, il s’en veut terriblement et souhaite renouer des liens avec son épouse qui de son côté ne consent à lui pardonner. Il fait donc appel à sa sœur pour apaiser un peu les tensions familiales. 

En descendant du train qui l’amène voir son frère, elle croise le comte Vronski. Anna tombe folle amoureuse de lui, malgré le fait qu’elle soit déjà mariée à Alexis. Elle lutte contre cette passion nouvelle mais s’y abandonne et finit même par tomber enceinte. Se sentant coupable elle décide d’avouer son infidélité à son mari qui souhaite mettre fin à cette relation et divorcer afin de pouvoir garder le contrôle sur son image. 

La grossesse d’Anna se déroule très mal, en effet, après avoir accouché, Anna tombe extrêmement malade et se sent mourante. Prise de désespoir elle envoie un courrier à son mari, lui demandant son pardon, ce qu’il fera ému par ses remords. Anna ne mourra pas, elle partira faire sa vie avec Vronski et leur fille. Elle finira par sombrer dans la folie à cause de sa jalousie maladive et décidera de mettre fin à ses jours pour ne plus avoir à supporter ce mal-être qui ne cesse de croître en elle. 

En parallèle de cette histoire, nous suivons un autre couple celui de Kitty et Lévine. Kitty est la sœur de Dolly et est en âge de se marier. Un jour Lévine lui demande sa main, Kitty refuse car elle ressent une passion dévorante pour Vronski. Néanmoins ce dernier se prend d’amour pour Anna qu’il croise à la gare et décide de partir avec elle laissant Kitty seule, désemparée et en détresse. Kitty reviendra sur ses positions et renouera un lien avec Lévine, se rendant compte, au demeurant, que l’amour peut parfois mettre du temps à se créer au sein d’un couple mais qu’il reste toujours plus fidèle que la passion sur le long terme (cf. Anna et Alexis mais également Stiva et Dolly).

Bref, il y a pas mal d’intrigues amoureuses dans ce roman, toutes se croisent et toutes s’apportent mutuellement quelque chose, c’est véritablement passionnant ! 

L’analyse littéraire

On est directement plongé dans le quotidien de trois couples de la haute bourgeoisie russe du XIXème siècle qui ont des problèmes ma foi très actuels : infidélité, jalousie, passion, peur du regard des autres…

  • Dolly qui a été trompé par son mari se résigne à lui pardonner mais ne l’aimera plus vraiment, elle restera avec lui plus par convention qu’autre chose.
  • Anna, mariée, tombe folle amoureuse de Vronski et prend le risque de mettre à mal son statut social par passion.
  • Lévine qui est fou amoureux de Kitty sait qu’il n’a jamais été le premier choix de Kitty et ne pourra s’empêcher d’être jaloux de tous les autres hommes autour de lui. 

Néanmoins, Anna Karénine, n’est pas seulement un roman d’amour ou un roman sur l’adultère. En effet c’est également un roman sur la quête de l’absolu, sur ce besoin de tout obtenir de manière insatiable. Le roman est nettement plus sombre qu’il n’y paraît puisque pour, Anna par exemple, seule la mort réussira à la rassasier. L’histoire d’Anna, comme celle de tous les protagonistes de ce roman, pourrait se résumer à une quête du bonheur, à une quête du parfait, mais ces quêtes ne sont qu’illusoires puisqu’elles sont impossibles à atteindre. Le bonheur parfait n’existe pas, nous sommes tous obligés de passer par des moments un peu down pour connaître des moments plus doux, par des phases de désillusions et d’épreuves difficiles pour caresser un jour l’idée d’être heureux. 

Concernant les protagonistes, ils ont tous un rôle majeur à jouer dans ce roman. Toutefois là où les trois quarts des lecteurs d’Anna Karénine ont trouvé que Lévine était le personnage le plus intéressant et bien je ne m’y retrouve pas. Selon moi c’est le personnage d’Anna qui est passionnant et fascinant. En effet, elle tient plusieurs rôles dans cette histoire et c’est pour cela que c’est le personnage que j’ai préféré suivre. Anna est une femme qui attire les regards, elle est moderne et se fiche de ce que peuvent penser les personnes de son rang, seul son bonheur l’importe.  En effet, le fait de quitter son mari, pour vivre avec son amant va totalement à l’encontre des mœurs de l’époque. Elle ose partir, elle ose se montrer en présence de Vronski dans la haute société, elle ose vivre sa vie comme bon lui semble. Selon moi Anna est l’incarnation de la liberté dans ce roman, ce qui le rend moderne. 

Décidément, tu ne veux voir dans la femme qu’une couveuse !… Oui, elle s’occupe de sa fille, elle l’élève même très bien, mais elle ne fait pas parade de cette enfant. Ses principales occupations sont d’ordre intellectuel : elle écrit.

Et c’est d’ailleurs ce qui m’a profondément frappé avec Anna Karénine, c’est un œuvre moderne, qui se démarque, elle parle d’adultère mais elle souligne également l’injustice que subissent les femmes dans ce monde hypocrite de la haute bourgeoisie. Anna est une féministe avant-gardiste, elle fait des choix pour elle sans prendre en considération les autres et elle fait surtout ce que font tous les hommes de l’époque sans pour autant être jugés et pointés du doigt. Elle croque la vie a pleine dent et n’écoute pas les qu’en-dira-t-on ! C’est un personnage qui peut paraître très frigide mais c’est au contraire un personnage d’une grande sensibilité qui ne peut se contenter de vivre une vie sans passion. 

J’ai d’ailleurs au cours de ma lecture était très surprise de voir à quel point Tolstoï se met facilement à la place de ses héroïnes féminines. Les passages qui relatent de la maternité sont réels et pas du tout édulcorés, moi qui suis enceinte à l’heure où j’écris ces mots, je me suis souvent retrouvée dans le discours de toutes ces femmes.  

Si notre jolie Kitty enlaidit pour le moment, combien à chaque grossesse ne dois-je pas être affreuse !… Et puis les couches, les affreuses couches, le déchirement de la dernière minute, les misères de l’allaitement, les nuits d’insomnie, toujours des souffrances, des souffrances atroces !… Et Dolly tressaillit au souvenir des crevasses aux seins dont elle souffrait à chaque grossesse.

Un autre personnage sur lequel on ne met selon moi pas assez l’accent, c’est celui d’Alexis, le mari d’Anna. C’est un homme qui travaille énormément, c’est justement ce côté workaholic qui fera que son épouse ira voir ailleurs, elle s’ennuie dans son mariage et a besoin d’un peu de fantaisie. Néanmoins, Alexis est un homme issu d’un rang plutôt haut au sein de la société et il laisse sa femme le tromper sous réserve qu’elle reste discrète. Il tolère l’adultère sous réserve qu’il ne se fasse pas aux yeux de tous. Dans le fond c’est celui qui souffre le plus et qui perd le plus. Il devient la risée de toute un rang, il n’a plus d’épouse, il pardonne Anna quand elle est au plus mal et est profondément attristé de sa mort malgré tout. C’est un personnage qui a une profonde empathie, qui ne souhaite pas spécialement faire du mal à ses proches. C’est un personnage qui m’a fait beaucoup de peine, puisqu’il est profondément bon mais cela ne lui réussit pas vraiment car sa bonté est plus perçue comme une faille qu’autre chose. In fine c’est le personnage qui a le plus perdu de plumes dans ce roman. 

Finalement quand on y réfléchit Anna Karénine c’est un roman qui se veut encore très actuel, il dépeint une société fausse, dans le paraître, qui veut tout et tout de suite et qui met de côté les femmes ainsi que les bonnes personnes. Oui, je sais, c’est flippant de se dire que le monde n’a pas vraiment avancé depuis la publication de ce livre ! 

Mon avis

Je n’ai jamais osé lire ce livre avant, j’avais peur que le style soit trop difficile et au vu du nombre de pages j’avais peur de perdre pieds mais vraiment pas, le style de Tolstoï est très accessible pour peu que l’on passe un peu sur les noms russes assez délicats à retenir je vous l’accorde 😛 

Ce livre c’est la vie, la vraie, il n’est pas romancé, pas exagéré, il est réel. C’est un roman qui permet de mieux appréhender la haute société russe de l’époque et ses sournoiseries tout en revenant sur la condition des femmes de l’époque. C’est un texte riche et audacieux qui se doit d’être lu et qui mérite son appellation de classique de la littérature. Je reviendrais tôt ou tard vers Tolstoï, je suis trop curieuse de découvrir le reste de ses œuvres et voir s’ils sont tous aussi bons qu’Anna Karénine

J’ai adoré et je recommande vraiment ! Le nombre de page peut effrayer mais vraiment ne vous fiez pas aux apparences, on ne les voit pas passer !

Elle voit en vous une véritable héroïne de roman, et prétend que, si elle était un homme, elle ferait mille folies pour vous.

Pour aller plus loin sur Anna Karénine

  • Mention spéciale pour le film de Joe Wright avec Keira Knightley, Jude Law en acteurs principaux, que j’ai désiré regarder à la suite de ma lecture et qui est je trouve extrêmement fidèle à l’oeuvre littéraire. Si vous ne vous sentez pas de partir sur la lecture sans savoir de quoi ça parle je vous invite chaudement du coup à vous regarder ce film, qui date de 2012 et qui est très bien réalisé.
  • La vidéo YouTube de la chaîne de vulgarisation littéraire au 80 000 abonnés, Le mock sur l’oeuvre entière.
  • La version audio, disponible sur Audible gratuitement pour le mois d’essai ! (je touche une petite commission si vous testez l’offre gratuite)

Note : 4.5 sur 5.

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Inceste – Anaïs Nin

TW : inceste, naissance mort-né.

Dans ce livre on a un petit aperçu de deux années du journal intime qu’a tenu Anaïs Nin tout au long de sa vie. Ce journal regroupe diverses données : des pensées, des lettres qu’elle a pu écrire, des lettres qu’elle a reçu, des analyses de rêves… C’est d’ailleurs assez difficile de rentrer dans le journal au début car finalement il n’a ni queue ni tête, ce journal suit un peu le fil d’une pensée. L’écriture est très orale, on a l’impression véritablement qu’elle écrit exactement comme elle le pense : sans filtre. Pour beaucoup d’analyste le journal d’Anaïs Nin est sa plus grande oeuvre et après en avoir lu un morceau je suis plutôt d’accord, je trouve que le journal lui ressemble c’est tout aussi extravagant qu’elle (dans le bon sens du terme).

À travers ce journal, on découvre ses diverses relations sous leurs formes la plus vraie, la plus brute. Ce sont des relations qui de prime abord peuvent paraître purement charnelles et sexuelles mais au fil des pages on se rend vite compte que de toute évidence Anaïs aime sincèrement toutes les personnes qu’elle rencontre. Il est extrêmement difficile pour elle de se poser et de n’aimer qu’une seule personne jusqu’à la fin de sa vie pour la simple et bonne raison qu’elle tombe éperdument amoureuse de chaque corps qu’elle rencontre. Ce ne sont pas des amourettes de passage, elle y revient toujours, elle doit même mentir aux uns et aux autres pour se protéger et protéger toutes ces histoires. Anaïs est une femme moderne et passionnée et il est inconcevable pour elle de passer le reste de sa vie avec une seule personne, c’est d’ailleurs ce qui fait selon moi son charme. Quand on re-contextualise tout ça, à l’époque dans laquelle Anaïs vivait, c’est une façon de pensée extrêmement actuelle.  

Il m’est difficile de m’en souvenir en ce moment. La vie réelle est ici. L’autre est irréelle. Chez moi : c’est ici. Le soir, ivre d’avoir rêvé. Je commence notre conte de fées.

Anaïs semble être a mi chemin entre le pluriamour et la pansexualité : elle est libre. Elle suit ses envies, ses pensées, ses besoins sans que des règles en tout genre ne puissent l’empêcher d’exister.

Au delà de cette vision moderne de l’amour, on peut suivre sa relation avec son père, une relation incestueuse où Anaïs tente de séduire un père absent, un père qui ne s’oppose pas à cette séduction et qui est donc, selon moi, assez problématique dans son rôle de père. Ce sont des passages aussi troublants, qu’intéressants, aussi écoeurants que fascinants. Anaïs parle également à plusieurs reprises de ses menstruations dans son journal, elle en parle sans tabou, avec recul même, comme si elle avait une connexion particulière avec elles. Il en est de même pour la maternité, en effet, elle tombe enceinte et met au monde un bébé mort-né. On aurait pu s’attendre à ce qu’elle n’en parle pas et pourtant si, elle en parle, elle brise des tabous, elle partage ses émotions et sensations sur sa maternité, son accouchement et son non-désir d’avoir des enfants. Bref c’est passionnant, véritablement ce journal est une mine d’information sur l’autrice et son époque. Je m’impatiente déjà de découvrir d’autres moments clés de son journal dans des éditions à venir ou des éditions plus anciennes. Une chose est sûre, j’aime profondément Anaïs Nin que ce soit pour ses écrits, ses bizarreries, sa modernité ou son histoire, c’est une femme passionnante qui amène un regard nouveau sur la condition des femmes de lettres à son époque.

Je déborde. Je parle trop. J’aime trop. Je veux travailler. J’aime la confusion qui règne dans ma tête, parce que ce tourbillon de sentiments me trouble et me fait perdre le contrôle de moi-même.

Note : 4.5 sur 5.

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La plage – Cesare Pavese

J’ai eu envie de découvrir cet auteur que je connaissais pas grâce à Morgane Ortin, fondatrice du compte Amours Solitaires, et ses rendez-vous littéraires Radio Morgane qu’elle propose assez régulièrement sur son compte Instagram et où elle met en avant des correspondances un peu oubliées. J’adore suivre ses vidéos, j’adore l’écouter parler de toutes ces lettres avec fascination et passion, puis la voix de Morgane est si douce que même les lettres les plus difficiles se laissent écouter sans grande difficulté. Ainsi, lors de sa lecture de la lettre d’amour (et de suicide) de Cesare Pavese à Pierina j’ai eu envie d’apprendre à le connaître et le découvrir à l’écrit.

Dans ce court livre édité chez Folio, on suit le narrateur qui est invité par son ami d’enfance et sa femme à passer des vacances sous le soleil dans leur villa. On se rend vite compte que le narrateur observe jalousement ce couple d’ami, qu’il tente de mettre un peu à mal leur relation. Mise à part ça rien ne se passe vraiment dans ce livre et d’ailleurs finalement rien n’est dit non plus. On est sur du contemplatif, des secrets, du désespoir, de la solitude, des moments volés. L’auteur lui même dit de son livre : « Il représente une distraction, humaine ma foi, et en somme, s’il en valait la peine, je m’en repentirais. C’est ce qu’on appelle une pure recherche de style. » J’avoue que cela me rassure un peu parce que je me suis ennuyée, je n’ai trouvé que peu d’intérêt à ce livre qui dépeint juste des moments de vie (ce que j’adore en principe) mais avec ce sentiment bien trop évident de malhonnêteté de la part de tous les personnages : trop de non-dits, trop de bons sentiments, trop de manières.

Je ressors donc de cette lecture déçue globalement je m’attendais à mieux en ayant eu un aperçu de sa plume par Morgane. D’autant que Cesare Pavese est quand même un expert du domaine littéraire, il a étudié la littérature anglaise, écrit une thèse sur Walt Whitman, traduit de grands noms comme James Joyce, Herman Melville ou encore Charles Dickens. Il n’empêche que je vais retenter l’expérience mais avec le livre qu’il a terminé d’achever avant son suicide, Le métier de vivre, qui a eu une parution posthume et qui est un journal intime retraçant les moments clés de sa vie.

Je pardonne à tout le monde et à tout le monde je demande pardon. Ça va ? Ne faites pas trop de commérages.

Note : 2.5 sur 5.

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Les Inséparables – Simone de Beauvoir

Il s’agit de mon tout premier Simone de Beauvoir, je n’ai jamais osé passer le cap, par peur de ne pas la comprendre, que son vocabulaire soit trop élitiste pour moi, par peur de me sentir stupide en tentant de lire quelque chose que je n’aurais pas compris et première surprise l’écriture de Simone (tout du moins dans ce texte) est très fluide, on entre rapidement dans le livre et on a même du mal à le reposer tant le texte est addictif. J’ai tellement entendu que Le deuxième sexe était un livre difficile à comprendre que mon cerveau à décidé lui-même que l’ensemble des oeuvres de l’autrice l’était forcément aussi ! Bref en tout cas, je suis vraiment agréablement surprise et je m’impatiente du coup de la découvrir dans Mémoires d’une jeune fille rangée que j’ai déjà dans ma Pile à Lire.

Dans ce récit autobiographique, Simone de Beauvoir décrit son amitié avec Elisabeth Lacoin, surnommée Zaza, décédée de façon très brutale à tout juste la vingtaine. C’est sa rencontre avec Zaza qui va éveiller l’autrice dans son féminisme, ce texte est donc capital pour mieux appréhender l’autrice. En effet, Simone aime véritablement Zaza, c’est presque son âme-soeur et ce lien magnifique qui les unit toutes deux l’entraine dans un remaniement de sa vie.

Zaza est une jeune fille que l’on pourrait qualifier de rebelle puisqu’elle ne fait jamais ce que la société lui impose de faire. Ainsi, en traînant avec elle, Simone s’émancipe en tant que femme et s’éloigne petit à petit du monde qui lui était prédestiné. Ensemble elles vont apprendre à évoluer dans une société qui leur interdit formellement de penser et de devenir des femmes indépendantes. C’est puissant et très girl power : j’adore !

De mon côté j’ai bien évidement adoré ma lecture : je l’ai dévoré en seulement quelques heures, une fois entamé il m’a tout simplement était impossible de reposer le livre. J’étais à la fois happée par l’écriture de Simone et par la folie de Zaza. Bref une merveilleuse découverte littéraire que je vais très probablement m’offrir afin d’en conserver une trace dans ma bibliothèque ! Je vous le recommande vivement.

Note : 4 sur 5.

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L’amant – Marguerite Duras

J’ai mis du temps avant de relire Marguerite Duras, j’en gardé de très mauvais souvenirs de mes années lycées mais j’ai tellement bien fait de revenir sur mes premières impressions et la redécouvrir en ayant grandit voire même murit.

Je trouve que la plume de Marguerite Duras est sublime. Son style peut paraître très décousu mais ce n’est pas vraiment le cas tout fait sens, il faut juste prendre le temps. C’est un texte qui se lit en y mettant le ton, on ne peut pas le lire rapidement il faut réellement jouer le jeu et s’imprégner des mots. L’écriture est très orale, très poétique, je me suis surprise d’ailleurs à lire de nombreuses fois certains passages à haute-voix parce que juste, l’harmonie des mots, de la ponctuation, des sons : tout est beau. Les descriptions sont très intenses et très visuelles, ce qui rend le tout merveilleusement intense.

L’histoire d’amour est probablement ce qui m’a le moins plu dans cette histoire, je la trouve belle mais très étrange et torturée ceci dit tout ne tourne pas autour de cette histoire ce qui fait que j’ai pu passer un très agréable moment sans pour autant me prendre d’amour pour cette histoire d’amour. Je suis envoûtée par la plume délicate de Duras et je m’impatiente d’ores et déjà à l’idée de la (re)découvrir dans d’autres histoires.

Note : 4 sur 5.

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Lettre d’une inconnue – Stefan Zweig

Avant toute chose il faut savoir que je n’ai lu que la première histoire, à savoir Lettre d’une inconnue.

J’ai lu ce texte d’une traite, il m’a beaucoup ému. La dévotion de cette femme pour cet homme, son amour profond qui n’est pas partagé puisque l’homme n’est pas au courant de cet amour et ne connaît même pas réellement la femme. C’est puissant, profond, troublant, intense. C’est une lettre véritablement sublime qui m’a laissé sans voix à la fin. Et puis la fin, parlons-en, comment ne pas être pris d’empathie pour cette femme et ses mots ?

Je recommande chaudement, rapide à lire et bluffant ! On ne peut qu’aimer cette lettre si on aime aimer. Je recommande par contre peut-être moins si vous sortez d’une rupture, ça risque de raviver de mauvais souvenirs ou d’être trop brutal.

Note : 4 sur 5.

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Publié dans Classiques de la littérature, Féminisme

Une chambre à soi | Virginia Woolf

Cela fait un moment maintenant, ou devrais-je dire quelques années, que j’ai envie de lire ce livre. J’ai eu envie de me jeter dessus après avoir préparé un exposé sur Virginia Woolf avec deux copines lors de mon cursus IUT Métiers du Livre et je ne sais pas, le temps est passé, il est resté sur ma wishlist bien au chaud comme si il savait qu’il allait être réédité avec la préface de Lauren Bastide. Je ne vous présente plus Lauren, je l’aime vous le savez déjà surement si vous êtes familier du blog ou de la page Instagram @marinestouppou. Forcément quand j’ai vu ce combo je n’ai pas pu résisté et tel un appel divin je me suis ruée chez mon libraire pour me l’offrir et quel bonheur.

Pour recontextualiser ce livre est sorti pour la première fois dans les années 30 mais il est malheureusement encore bien trop d’actualité. Dans cet essai retranscrit à l’écrit qu’a donné Virginia Woolf lors d’une conférence à l’université de Cambridge elle parle avec brio du fait qu’une femme peut se sentir pleinement libre dès lors où elle peut être indépendante financièrement de son mari. La place des femmes au sein de la société et de la sphère culturelle est également une partie importante de l’ouvrage. Elle ose même parler de relations amoureuses et sexuelles entres femmes avec beaucoup de douceur et de bienveillance et de ses consœurs autrices dans un milieu très masculin, un bel élan de sororité.

Cynique, actuel, brillant, troublant et provocateur ce livre est d’une richesse incroyable pour l’époque. Puis, la préface de Lauren Bastide n’enlève en rien l’énergie globale, bien au contraire, cette dernière rend un hommage magistral à celle qui lui a presque tout appris ! C’est émouvant et beau, ni plus ni moins. Bref, je me tais et je vous laisse vous l’offrir, le lire et l’apprécier autant que moi si ce n’est plus.

Note : 4.5 sur 5.

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Martin Eden | Jack London (Mon coup de foudre littéraire)

Ce livre est mon coup de foudre littéraire, ma nouvelle obsession, le livre que je vais conseiller 24h/24, pour la simple et bonne raison qu’il m’a rendu heureuse !

Dans ce livre, on y découvre un homme, Martin Eden, qui vient d’un milieu très difficile et qui tombe amoureux d’une jeune femme cultivée, Ruth Morse, venant d’un milieu aisé. Pour lui plaire et tenter de pouvoir entrer dans son cercle proche il va devenir curieux, apprendre et lire ! Il y prend plaisir et se découvre une passion nouvelle pour la soif de connaissance et l’écriture. Son nouvel objectif est de devenir écrivain et intellectuel, personne ne croit en lui mais il sait qu’il en est capable et va tout donner pour parvenir à réaliser son rêve. C’est passionnant, l’art de manier les mots et la richesse de la langue employée par Jack London est captivante ! J’ai surligné je ne sais combien de passages tant les phrases sont belles. La fin est troublante, percutante à l’image du roman finalement, bref, c’est un coup de foudre littéraire comme ça fait longtemps que je n’en ai pas eu. Ce texte m’a envoûté, comme je l’ai dis précédemment il tourne même à l’obsession, j’ai depuis écouté je ne sais combien de podcast pour ne pas me défaire de l’intrigue et e week-end je vais me regarder le film pour ne pas quitter les personnages tout de suite. Une merveille à lire surtout si vous aimez la littérature au sens large.

Note : 5 sur 5.

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Les bons gros bâtards de la littérature | Aurélien Fernandez & PoPésie

Je pense n’avoir jamais autant rigolé devant un livre, vraiment. Il s’agit d’un recueil d’anecdotes illustrées autour des plus grands noms de la littératures sauf qu’au lieu de les encensés comme tous les profs de lycées font, ici, on montre le vrai visage de ces auteurs et autrices et clairement c’est hilarant. Entre certains auteurs qui volent les textes des autres, les punchlines de l’espace que certains s’envoient, les anecdotes sur leur mort ou encore sur la manière dont ils ont réussi à connaître le succès (certains étaient prêt à tout même à consommer de l’Opium jour et nuit :P) ! Bref j’ai passé un très bon moment et en plus d’avoir encore plus de culture générale sur ces grands noms et bien j’ai beaucoup ri et ça, ça n’a pas de prix !

Note : 5 sur 5.

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