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Seule Venise – Claudie Gallay

Un livre qui de prime abord aurait dû me plaire, presque être un coup de coeur et qui finalement ne m’a pas envoûté du tout.

On suit une femme en plein chagrin d’amour, qui décide de tout quitter pour Venise en hiver. L’ambiance est glaciale, le temps est lent, l’intrigue nostalgique. Le tout est assez contemplatif et descriptif, des points qui généralement me plaisent toutefois là, la magie n’a pas opéré.

Les phrases m’ont semblé interminables. Je n’ai pas réussi à m’attacher aux personnages et ce « vous » à qui s’adresse la protagoniste en permanence est très perturbant et déstabilisant, j’avais l’impression qu’elle me parlait sans que ce soit réellement le cas. Finalement je ne vais pas aller plus loin dans l’analyse, je me suis ennuyée, plusieurs fois j’ai failli abandonner mais je me suis accrochée juste pour avoir le fin mot de l’histoire qui pour le coup… m’a laissé de marbre.

Un texte que j’ai trouvé en phase avec l’ambiance général de Venise en hiver : froid et solitaire.

Note : 3 sur 5.

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La petite dernière – Fatima Daas

Je ne connaissais rien de ce livre avant de me plonger dedans, je me suis fiée à la couverture que je trouve originale et clairement, quelle surprise !

Je vais très peu vous en dire sur ce livre parce que je vous souhaite de plonger dedans de la même façon que moi, sans ne rien savoir. Le plus important à savoir c’est que ce texte est en quelque sorte un combat d’identité pour Fatima qui en quelques pages se confie ses origines, ses croyances religieuses, son éducation, ses attirances sexuelles. C’est un livre singulier, vif, qui semble avoir été écrit presque d’une traite, sans respirer, sans reprendre son souffle.

Un texte émouvant, intime qui parle des doutes et des craintes d’une femme partagée entre sa vie et la vie que l’on aimerait qu’elle mène.

Note : 4 sur 5.

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Bien des ciels au-dessus du septième – Griet Op de Beeck

TW : suicide

Un roman contemporain nordique ça vous dit ?

Dans ce roman contemporain on suit plusieurs personnages : Lou, Eva, Casper, Elsie et Jos, qui prennent chacun leurs tours la parole au fil des chapitres. Un roman chorale comme je les aime. Tous ces personnages d’une même famille ou presque sont liés par des secrets, des histoires d’amours et des difficultés à surmonter… Ce sont donc au travers de tranches de vie partagées qu’ils vont tenter de s’accrocher à la vie pour trouver entre autre : le bonheur.

Je l’ai plutôt bien aimé ce roman dans l’ensemble, il est assez bien rythmé, le fait de changer de point de vue à chaque chapitre facilite la compréhension et donne des subtilités à l’intrigue principale. Les phrases sont courtes et également très rythmées de part les virgules extrêmement présentes : c’est surprenant au début mais finalement c’est savoureux !

Les personnages sont attachants même si assez clichés par moments car survolés on ne prend pas le temps de les découvrir en profondeur, l’intrigue bien que prévisible reste douce et belle. Bref ce roman n’est pas le roman de l’année, ce n’est pas un coup de coeur mais c’est une lecture pleine de douceur que j’ai pu lire très rapidement malgré ma nouvelle vie avec bébé c’est pour dire !

J’aurais qu’une seule chose à rajouter : ne vous fiez pas à la couverture cosy et réconfortante de ce bouquin, puisque sous ses airs de lecture doudou, le texte est poignant et questionne sur les choix de vie (famille, carrière, couple…) et sur la quête du bonheur. Entre rire, larme, questionnement et passion, ce roman propose à ses lecteurs un condensé de la vraie vie où tout ne se termine pas toujours comme on l’aurait souhaité.

Note : 3.5 sur 5.

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Frantumaglia – Elena Ferrante

Avant de se lancer dans ce livre il faut selon moi, avoir déjà lu quelques titres de l’autrice mais également aimer le format épistolaire. En effet Frantumaglia est un livre qui reprend les lettres envoyées par Elena Ferrante afin de répondre à des interviews menées par des journalistes qui ne peuvent la rencontrer à cause à son anonymat très bien conservé (en effet, à ce jour personne ne sait qui est Elena Ferrante, ni même s’il s’agit d’un auteur ou d’une autrice, le mystère reste entier) ou pour faire part de ses doutes, craintes, interrogations à ses éditeurs : Sandro et Sandra.

Le texte ne se lit pas comme un roman du coup, il se lit comme un texte documenté pour tenter de mieux appréhender Elena Ferrante, de mieux comprendre ses écrits et sa vision de l’écriture sous anonymat.

Si vous aimez écrire, si vous aimez en apprendre plus sur les auteurs que vous lisez en règle général et que le format lettres ne vous dérange pas, foncez ! C’est extrêmement intéressant ! Maintenant si vous êtes un peu hostile à tout ça, évitez, vous risquez sinon d’être déçus puisque ce n’est pas une fiction du tout.

De mon côté j’ai vraiment apprécié en apprendre plus sur Elena Ferrante et tout le mystère qu’il existe autour d’elle, j’ai aimé en apprendre plus sur la manière dont elle écrit et sur son amour pour l’écriture en règle général. Les lettres qu’elle rédige sont intéressantes, intelligentes, structurées, détaillées à la limite du poétique. Elena Ferrante écrit si bien que je serai prête à payer très cher pour lire sa liste de course, je suis sûre qu’elle n’est pas aussi banale que la mienne ! Bref, je ne vais pas rédiger des lignes pour rédiger des lignes, Frantumaglia est une belle découverte pour ma part et je recommande chaudement ce bouquin aux adeptes de l’autrice !

Note : 4 sur 5.

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La familia grande – Camille Kouchner

TW : inceste, agression sexuelle

Ce livre est un texte autobiographique qui parle d’inceste. Pour comprendre ce livre il faut comprendre l’autrice. Camille Kouchner est la fille de Bernard Kouchner, politicien et d’Evelyne Pisier, autrice et politiste. C’est également la nièce de l’actrice Marie-France Pisier. Elle est donc issue d’une bonne famille, aisée, politisée et surtout avide de pouvoir et succès. Ce livre est assez dénonciateur d’une partie de la société qui se veut élitiste mais qui sous couvert de privilèges se permet de faire des actes épouvantables.

La familia grande est une fresque familiale en quatre parties qui se veut légère au début, puis, au fur et à mesure, plus sombre pour laisser la place au drame et à un secret de famille inavouable : l’inceste du frère jumeau de Camille par son beau-père. Ce secret est lourd à porter pour des enfants mais il est gardé sous silence par peur, par honte, par désespoir ainsi que par empathie pour le beau-père. J’ai particulièrement aimé la contradiction entre la première partie qui est consacrée à l’enfance de Camille, auprès d’une famille solide et singulière avec des moeurs légères avec la dernière partie où le secret est révélé, où la famille « solide » est dissoute, où tout est remis en question et où l’ambivalence est saisissante voire même oppressante. Et finalement c’est un peu ça l’histoire de La Familia grande, une famille bouleversante à la fois de par sa grandeur et de par sa puissance dévastatrice. À travers ce texte, Camille Kouchner, nous montre qu’il est important de se battre pour les gens que l’on aime afin de limiter les dégâts. En effet, parfois un drame peut avoir lieu et les répercussions font peur mais l’attente, le poids du silence et les regrets peuvent faire encore plus de ravage notamment auprès d’une famille, même la plus soudée.

Au delà de ça j’ai trouvé que l’écriture et les mots de Camille sont extrêmement bien choisit : ils transcendent et percutent tout en étant très doux. La façon dont le texte est construit laisse suggérer le poids qu’à porté l’autrice durant toutes ces années et qu’elle transmet aujourd’hui à son lectorat : les phrases sont courtes et nominales comme si ce secret était trop lourd à porter et qu’elle devait tout dévoiler, à bout de souffle, rapidement, sans ne rien oublier. Doutes, peurs, détresse, tout est transmis au lecteur avec douceur et froideur.

Un texte fort et engagé mais sans rancoeur ! Camille semble avoir réussit à faire son deuil sur sa vie passée : le secret, sa famille singulière, son frère qui a souffert, sa mère devenue frigide… Elle s’est abandonnée à ce livre qui est presque salvateur pour elle et le transmet avec beaucoup d’émotivité dans les mains de qui voudra bien le prendre. À lire, découvrir et transmettre !

Note : 4 sur 5.

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Les enfants sont rois – Delphine de Vigan

Delphine de Vigan a encore frappé et a une fois de plus écrit un chef d’oeuvre sur une thématique qui se veut très actuelle à savoir l’exposition des enfants sur les réseaux sociaux.

Dans ce roman on va suivre le personnage de Mélanie Claux qui a toujours voulu être célèbre. Elle n’a pas de talent particulier mais elle va réussir à créer toute une communauté autour de ses enfants, Sammy et Kimmy, en lançant une chaîne YouTube familiale. Au programme : unboxing, vlog dans des parcs d’attractions, test de divers jeux et jouets… La chaîne YouTube est un succès, passe le cap de plusieurs millions d’abonnés, Mélanie vit un rêve éveillé elle est enfin connue dans le monde entier. Néanmoins, sa vie rêvée va prendre un tournant dramatique le jour où sa fille, Kimmy, va être enlevée juste en bas de leur maison le temps d’une partie de cache-cache entre voisins.

J’ai absolument adoré ce roman que j’ai trouvé extrêmement bien écrit et percutant. Il remet en question l’utilisation des réseaux sociaux par ses dérives et son addiction. Le sujet est très bien traité, maîtrisé et sourcé par l’autrice et la psychologie des personnages y est très fine. Le récit se découpe en deux parties, une première glaçante qui se dévore tel un roman policier et une seconde qui analyse un peu le futur des réseaux sociaux, l’engrenage que cela est et l’avenir de ces enfants sur-médiatisés à des âges où selon toute vraisemblance ils n’ont pas réellement conscience de ce qu’ils font avec leur image.

La question que pose ce roman c’est que deviennent ces enfants médiatisés ? Que devient la vie de ces milliers d’enfants exposés que des millions de personnes ont l’impression de connaître depuis toujours ? C’est un texte très qualitatif qui permet de se remettre en question, d’avoir un regard neuf sur tous ces comptes Instagram où l’enfant semble être un panneau publicitaire, ça permet de se questionner et de réfléchir différemment : est-ce éthique ? est-ce que les enfants sont heureux ? à qui va l’argent ? les enfants sont-ils conscients de leur image ? les enfants ont-ils conscients d’être suivi par autant de personnes ? que deviennent-ils quand le succès cesse ? comment ces enfants deviennent des adultes équilibrés ? ces enfants ont-ils une valeur réelle du monde qui les entoure, eux qui ont toujours tout eu ? Bref des tonnes de questions sont amenées par l’autrice et font que lorsque l’on referme le livre on est tout bonnement obligé de s’interroger que ce soit sur le contenu que l’on suit ou le contenu que l’on post. Bref c’était passionnant, j’ai adoré, une fois de plus Delphine de Vigan m’a embarquée dans ce roman vertigineux mais nécessaire !

Note : 4 sur 5.

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Célestine du bac – Tatiana de Rosnay

Pour les personnes qui me suivent depuis l’époque de Tartinneauxpommes, cette époque où j’étais booktubeuse, vous le savez sans doute, Tatiana de Rosnay est une autrice que j’affectionne particulièrement, j’ai tout lu (ou presque) d’elle ! En tant que grande adepte de ses écrits j’étais très curieuse de découvrir son dernier roman en date, mais, malheureusement, je n’ai pas ressenti la magie habituelle et j’en ressors plutôt déçue, je vous explique tout ça de ce pas !

Le livre se divise en deux grandes parties une première qui m’a vraiment beaucoup plu et une seconde qui selon moi se perd un peu, qui devient trop fantastique et qui m’a pour le coup laissé de côté. Dans ce texte on découvre le personnage de Martin, un jeune adulte de 18 ans, issus de bonne famille qui aime plus que tout écrire. En parallèle on découvre à quelques pas de la rue où vit Martin, le personnage de Célestine, une vieille dame, sans domicile fixe qui elle aussi visiblement aime écrire. Tout oppose ces deux protagonistes : âge, sexe, milieu social mais leurs chemins se croisent un jour et ils vont faire un petit bout de ce chemin ensemble.

Ce que j’ai aimé dans ce texte c’est qu’il dénonce beaucoup de problèmes de sociétés très actuels. La première partie tisse la rencontre de Martin et Célestine et véritablement elle m’a profondément émue, ces deux êtres qui n’ont rien en commun et qui s’apportent mutuellement énormément. La bonté, sagesse, bienveillance de Martin, qui du haut de ses 18 ans est plus mature et respectueux que le 3/4 des adultes qui l’entourent, m’a vraiment touché. Le personnage de Célestine aussi qui porte son lot de difficulté et de désarroi, qui est fermée comme une huitre et qui petit à petit va laisser Martin entrer dans sa vie et son quotidien un peu foireux. Toutefois dès la seconde partie, on ne se focus plus que sur le personnage de Martin et on oublie ce duo qui m’a tant touché. On parle seulement d’amour, de quête de soi, c’est très fleur bleu tout en laissant apparaître le début d’une intrigue fantastique. L’autrice m’a perdu, moi qui aimait le fait que l’on dénonce, que l’on mette en lumière l’entraide et la bienveillance dans la première partie, ce ne sont plus du tout des thématiques abordées dans la seconde, on est plus sur un conte et ça m’a fait perdre pied.

Ce livre s’achève sur un mot de l’autrice où Tatiana de Rosnay nous informe qu’elle a écrit ce livre entre 1990 et 1993 et qu’il avait été refusé par son premier éditeur, il est donc resté toutes ces années durant dans un carton. Cela explique peut-être le fait que moi qui ai tout lu d’elle je me suis pas spécialement retrouvée entre ces lignes et c’est bien dommage parce que je ressors au global plutôt déçue de ma lecture.

Note : 2.5 sur 5.

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La Belle est la Bête – Floriane Joseph

TW : agression physique

Ce livre est un ovni littéraire à mi chemin entre le roman contemporain et le conte. Un conte moderne aux accents orientaux, où les femmes sont puissantes et mises en lumière. Un roman contemporain puisqu’il aborde des thématiques politiques et sociales très actuelles. J’ai adoré ma lecture et je trouve que pour un premier roman il est vraiment très, très bon. L’autrice a beaucoup de talent et j’espère un long avenir littéraire devant elle !

Comme je vous le disais ce premier roman est véritablement atypique. Il porte à la fois sur la reconstruction de soi et sur la beauté physique de la femme. Le regard de l’autrice tout au long de cet ouvrage est donc très féministe, pour mon plus grand bonheur mais je préfère prévenir, ça ne parlera pas à tout le monde.

Dans ce texte on suit Leila, une princesse qui vient d’être victime d’une agression qualifiée de terroriste : on l’a volontairement attaqué à l’acide au visage afin de la défigurer. Ce qui m’a le plus touché dans cette histoire c’est que la douleur de Leila ne vient pas de l’acide en tant que tel, elle vient plutôt du fait qu’on lui ai défiguré le visage, son beau visage qu’elle doit désormais se réapproprier : elle le trouve laid son visage désormais, elle trouve qu’il n’est plus le sien, qu’il n’a plus d’âme. Elle ne s’aime plus, ne se reconnaît plus, se trouve même monstrueuse au point de se masquer le visage pour sortir. Le masque devient l’artifice de Leila et je trouve que c’est un doux parallèle avec le maquillage et les filtres qui font que dans notre société moderne, les femmes ne s’aiment plus au naturel, ne s’aiment plus sans artifice non plus.

Les masques l’aident à s’émanciper, grâce à eux Leila réapprend à vivre après cette agression, elle s’apprivoise tout en douceur. Ils la mettent en confiance et font qu’elle réussit petit à petit à passer au dessus des regards des uns et des autres qui la qualifient de monstrueuse. Ce regain de confiance en elle lui permet d’apprendre à se connaître de façon plus intime ainsi elle se libère des moeurs et devient sexuellement plus libérée. Elle va de bal en bal pour trouver des des hommes et des femmes qui voudraient bien explorer avec elle son corps. Toutefois cette phase ne dure qu’un temps et malgré le fait qu’elle se reconstruit grâce à sa sexualité elle ressent un besoin irrépressible d’amour. Mais… qui peut bien vouloir aimer un monstre ? C’est là tout le but de cette histoire.

Un livre passionnant, déroutant, bluffant, poétique, profondément féministe et inscrit dans des faits bien plus actuels qu’il n’y paraît. J’ai vraiment aimé de tout mon coeur !

Note : 4 sur 5.

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Inceste – Anaïs Nin

TW : inceste, naissance mort-né.

Dans ce livre on a un petit aperçu de deux années du journal intime qu’a tenu Anaïs Nin tout au long de sa vie. Ce journal regroupe diverses données : des pensées, des lettres qu’elle a pu écrire, des lettres qu’elle a reçu, des analyses de rêves… C’est d’ailleurs assez difficile de rentrer dans le journal au début car finalement il n’a ni queue ni tête, ce journal suit un peu le fil d’une pensée. L’écriture est très orale, on a l’impression véritablement qu’elle écrit exactement comme elle le pense : sans filtre. Pour beaucoup d’analyste le journal d’Anaïs Nin est sa plus grande oeuvre et après en avoir lu un morceau je suis plutôt d’accord, je trouve que le journal lui ressemble c’est tout aussi extravagant qu’elle (dans le bon sens du terme).

À travers ce journal, on découvre ses diverses relations sous leurs formes la plus vraie, la plus brute. Ce sont des relations qui de prime abord peuvent paraître purement charnelles et sexuelles mais au fil des pages on se rend vite compte que de toute évidence Anaïs aime sincèrement toutes les personnes qu’elle rencontre. Il est extrêmement difficile pour elle de se poser et de n’aimer qu’une seule personne jusqu’à la fin de sa vie pour la simple et bonne raison qu’elle tombe éperdument amoureuse de chaque corps qu’elle rencontre. Ce ne sont pas des amourettes de passage, elle y revient toujours, elle doit même mentir aux uns et aux autres pour se protéger et protéger toutes ces histoires. Anaïs est une femme moderne et passionnée et il est inconcevable pour elle de passer le reste de sa vie avec une seule personne, c’est d’ailleurs ce qui fait selon moi son charme. Quand on re-contextualise tout ça, à l’époque dans laquelle Anaïs vivait, c’est une façon de pensée extrêmement actuelle.  

Il m’est difficile de m’en souvenir en ce moment. La vie réelle est ici. L’autre est irréelle. Chez moi : c’est ici. Le soir, ivre d’avoir rêvé. Je commence notre conte de fées.

Anaïs semble être a mi chemin entre le pluriamour et la pansexualité : elle est libre. Elle suit ses envies, ses pensées, ses besoins sans que des règles en tout genre ne puissent l’empêcher d’exister.

Au delà de cette vision moderne de l’amour, on peut suivre sa relation avec son père, une relation incestueuse où Anaïs tente de séduire un père absent, un père qui ne s’oppose pas à cette séduction et qui est donc, selon moi, assez problématique dans son rôle de père. Ce sont des passages aussi troublants, qu’intéressants, aussi écoeurants que fascinants. Anaïs parle également à plusieurs reprises de ses menstruations dans son journal, elle en parle sans tabou, avec recul même, comme si elle avait une connexion particulière avec elles. Il en est de même pour la maternité, en effet, elle tombe enceinte et met au monde un bébé mort-né. On aurait pu s’attendre à ce qu’elle n’en parle pas et pourtant si, elle en parle, elle brise des tabous, elle partage ses émotions et sensations sur sa maternité, son accouchement et son non-désir d’avoir des enfants. Bref c’est passionnant, véritablement ce journal est une mine d’information sur l’autrice et son époque. Je m’impatiente déjà de découvrir d’autres moments clés de son journal dans des éditions à venir ou des éditions plus anciennes. Une chose est sûre, j’aime profondément Anaïs Nin que ce soit pour ses écrits, ses bizarreries, sa modernité ou son histoire, c’est une femme passionnante qui amène un regard nouveau sur la condition des femmes de lettres à son époque.

Je déborde. Je parle trop. J’aime trop. Je veux travailler. J’aime la confusion qui règne dans ma tête, parce que ce tourbillon de sentiments me trouble et me fait perdre le contrôle de moi-même.

Note : 4.5 sur 5.

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La tresse – Laetitia Colombani

Un livre qui a fait beaucoup parlé de lui il y a quelques années et que de mon côté je n’avais toujours pas lu car il ne me tentait pas. Finalement, j’ai profité d’une offre sur ma liseuse où le livre était bradé pour le découvrir et clairement c’était selon moi bien mais sans plus.

Pour la petite histoire on va suivre trois femmes menant des vies extrêmement différentes et vivant chacune à l’autre bout du monde. Smita est en Inde, Giulia en Italie et Sarah au Canada : trois femmes, trois pays, trois combats, chacune d’elle a tout à perdre et cherche à s’en sortir pour mener sa vie rêvée.

Je ne peux pas dire que l’histoire ne m’a pas touché du tout mais je pense qu’à cause de la structure du texte à savoir un chapitre, un point de vue, j’ai vu clairement où l’autrice allait dès le premier quart du livre et ça m’ennuyait un peu, pour être profondément honnête avec vous, de ne pas avoir d’effet de surprise. Je pense aussi que le fait que le texte ait été autant encensé par la critique a fait que j’ai mis la barre très haute (trop haute ?) et du coup ça retombe un peu comme un soufflé.

Indéniablement l’autrice écrit bien, les chapitres sont bien rythmés et l’intrigue suscite un intérêt mais je trouve que les héroïnes manquent d’authenticité, de background et puis j’aurais voulu aller plus loin dans le combat féministe. Donc oui, bien sûr le parcours de ces trois femmes est inspirant mais je m’attendais à plus, je trouve une nouvelle fois que l’on ne creuse pas et que l’on reste en permanence en surface sans mettre le doigt sur le fond du problème à savoir le patriarcat, les privilèges, les traditions… Bref, je ressors ennuyée de cette histoire, je m’attendais à tellement plus que finalement je suis tout à fait passée à côté.

Note : 2.5 sur 5.

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