Publié dans Romans graphiques

Écumes – Ingrid Chabbert et Carole Maurel

TW : deuil, fausse couche.

J’ai emprunté cette bande dessinée à la médiathèque en ayant un véritable coup de foudre pour la couverture. Quand j’ai lu le résumé et que j’ai compris qu’on allait parler de la perte d’un bébé je me suis demandée si j’allais réussir à la lire avec la grossesse. C’est un oui, vous vous en doutez puisque je vous en parle aujourd’hui, car Ingrid Chabbert et Carole Maurel ont réussit à rendre cet épisode sombre doux.

Écumes, c’est avant tout une histoire d’amour, l’histoire d’amour de deux femmes qui s’aiment plus que tout, qui rêvent de fonder une famille et qui après divers essais réussissent à tomber enceinte. La grossesse est difficile et le drame annoncé dans le résumé se produit. Néanmoins malgré la douleur, elles vont ensemble se battre pour leur amour, pour sortir la tête hors de l’eau et pour imaginer un avenir plus doux où tout sera plus beau et simple.

C’est une bande dessiné magnifique, qui traite d’un sujet extrêmement difficile avec une grande poésie. Le point fort reste que cette histoire est autobiographique, on ressent le côté salvateur de retranscrire cette douleur et c’est ce qui rend le tout encore plus beau, plus puissant, puis poignant. Les illustrations (splendides) de Carole Maurel portent avec justesse la peine profonde d’Ingrid Chabbert. Toutefois, j’aurais aimé plus de profondeur encore, il m’a manqué je pense quelques pages pour être prise entièrement dans le creux de la vague.

Note : 3.5 sur 5.

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Anna et Pablo – Bolä

TW : Mort brutale, problèmes familiaux.

Pour résumé l’histoire brièvement on suit Anna, la fille et Pablo le père dans un road trip où leur relation très tendue est mise à rude épreuve. Sous son air de voyage initiatique la bande dessinée aborde des thèmes forts comme la culpabilité, la peur de mourir et la quête du pardon.

Je ressors de cette lecture extrêmement partagée. À la fois j’ai adoré le graphisme, les couleurs chaudes, l’ambiance et le côté très décalé de la BD mais à la fois je n’ai pas du tout aimé la rapidité d’exécution, la fin trop ouverte et le personnage du papa.

Mitigée donc, une lecture sympathique mais qui manque cruellement, selon moi, de détails : tout va trop vite on ne s’attache pas assez aux personnages pour ressentir de l’empathie vis à vis de leur histoire et c’est bien dommage car l’idée de base est bonne et que les planches sont de véritables petits bijoux pour les yeux.

Note : 3 sur 5.

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Le grimoire d’Elfie, tome 1 – Alwett, Arleston & Mini Ludvin

Un premier tome tout simplement audacieux et savoureux qui me laisse avec l’envie folle d’en apprendre davantage sur ces trois sœurs attachantes et un besoin inexplicable de voyager à bord d’un bus librairie !

Le grimoire d’Elfie c’est quoi ? Dans cette BD on suit trois sœurs orphelines Elfie, Magda et Louette qui parcourent la France à bord d’un libriobus afin de pouvoir retrouver leur indépendance et fuir la maison de leur tante où elles ne sentent pas réellement chez elles.

Cette BD m’a d’abord séduit par ses dessins, ses couleurs, ses traits ronds puis par la douceur de ses planches et enfin par le scénario parfaitement bien rythmé, en un mot tout était vraiment parfait. De plus dans le fonctionnement ça m’a un peu rappelé, avec beaucoup de nostalgie d’ailleurs, « Les carnets de Cerise » que j’avais tant aimé et dont je ne me suis toujours pas lassée !

Au delà du fait qu’on parle de sorcellerie, de bouquins, d’écriture (oui, oui, oui, je n’en dis pas plus !) et que les illustrations sont absolument somptueuses, la BD permet d’aborder des sujets complexes comme le deuil, le manque de confiance en soi ou le fait de vivre avec un handicap. En bref, j’ai passé un super moment, je m’impatiente déjà de retrouver les trois héroïnes dans une suite et je peux déjà vous garantir que je prendrais le temps de relire cette BD, parce que, comme pour « Les carnets de Cerise » elle rentre directement dans mon palmarès de lectures doudous que j’aime relire quand j’ai le moral un peu dans les chaussettes.

Une superbe histoire haute en couleur, qui devient un petit coup de coeur pour moi et que je vous invite à découvrir au plus vite !  Si vous avez envie d’une pause douceur dans un petit village français à l’odeur iodée, c’est indéniablement le livre qu’il vous faut !

Note : 5 sur 5.

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Nos droits, leurs combats – Edith Chambon et Irène Cohen-Janca

Un roman graphique très intéressant qui parle de tous les droits que nous avons dans notre société moderne pour lesquels des personnes se sont battus longuement par le passé afin de les acquérir. Entre faits historiques sous forme de frise chronologique et pages de BD, ce texte est ma foi, très complet et traite de thématiques importantes sans que ça n’en devienne barbant ! Son côté très visuel et très graphique lui donne l’avantage de pouvoir être compris par tous sans grande difficulté ! Une belle découverte qui pourrait clairement être un outil pédagogique pour des professeurs d’écoles, à mettre entre toutes les mains donc et à avoir dans les bibliothèques scolaires, CDI et médiathèques !

Mention spéciale à mon amie Tess qui a prêté sa plume et son savoir pour toute la partie sur le droit d’aimer qui l’on veut ! Merci Tess de toujours trouver les mots, tu es une belle personne !

Note : 4 sur 5.

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Grimoire noire – Vera Greentea & Yana Bogatch

Je suis plutôt déçue de ma lecture à vrai dire. J’ai acheté ce roman graphique parce que je trouvais les illustrations somptueuses et qu’à la lecture de la quatrième de couverture, je trouvais l’idée de marier sorcellerie et thriller très interessante (cf. ma dernière lecture Diabolica).

Or… mise à part ces illustrations somptueuses j’ai trouvé l’histoire très plate. Le scénario n’apporte pas grand chose, les échanges entre les protagonistes sont fades et n’ont que très peu d’intérêts… C’est vraiment dommage, ceci dit j’ai toutefois bien aimé le côté abolition du patriarcat qui est rapidement développé mais au delà de ça, le texte n’a selon moi pas de réel intérêt ce qui fait qu’en toute sincérité et bien je me suis véritablement ennuyée…

Finalement, les illustrations sont le gros atout de cette BD mais ça ne fait pas tout… Dans l’ensemble je garde un bon souvenir du livre parce que c’est visuellement une claque mémorable tant les pages sont sublimes mais l’histoire en tant que tel ne casse pas trois pattes à un canard et laisse un arrière goût doux-amer.

Note : 2.5 sur 5.

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Annie Sullivan & Helen Keller – Joseph Lambert

Un roman graphique tiré d’une histoire vrai que j’ai découverte étant lycéenne. J’ai trouvé le tout très touchant et captivant.

Pour recontextualisé on est dans les années 1880 et on découvre Helen Keller enfant qui est devenue aveugle et sourde à l’âge de dix-neuf mois, suite à une maladie. Elle se retrouve alors dans l’incapacité de communiquer avec son entourage jusqu’au jour où Annie Sullivan sa préceptrice, elle-même malvoyante va lui enseigner la langue des signes puis l’écriture afin de pouvoir se faire comprendre des autres. Cette histoire est bouleversante, humainement touchante et émouvante. Mon empathie m’a remise à ma place plusieurs fois, quelques larmes ont même eu le temps de glisser sur mes joues. Mention spéciale aux illustrations qui, selon moi, représentent vraiment bien les émotions d’Hellen, ses craintes, ses appréhensions et sa détresse psychologique.

Note : 4 sur 5.

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C’est comme ça que je disparais – Mirion Malle

TW : Dépression, burn-out, pensées suicidaires.

Ce roman graphique m’a profondément bouleversé. J’ai beaucoup pleuré, j’ai même dû faire quelques pauses dans ma lecture pour arriver au bout sans que ça ne remue trop de choses chez moi. C’est comme ça que je disparais est une bande dessinée qui parle avec une justesse dingue de la dépression et du fait de se sentir parfaitement vide, de ne plus rien ressentir du tout. Ce livre a fait écho en moi parce que j’ai malheureusement vécu une période de dépression où plus rien n’avait de goût, de sens, de lumière, j’étais profondément vide. Les raisons de mon côté ne sont pas du tout les mêmes que celles évoquées par Mirion mais la finalité est la même un mal-être constant et l’impression de n’être compris par personne, d’être faible de blesser les personnes qui tiennent à soi. En écrivant ces mots j’ai les mains qui tremblent au dessus de mon clavier parce que c’est fou à quel point cette BD m’a bluffé par sa véracité. De mon côté je m’en suis sortie et cela fait maintenant quelques années que cette période sombre est bien loin derrière moi mais il faut croire que lire à ce sujet me touche encore beaucoup même des années après.

Le personnage de Clara est d’une justesse merveilleuse, le fait d’avoir réalisé toute la bande dessinée en noir et blanc est une idée fabuleuse, les mots employés par les proches de Clara pour lui faire ouvrir les yeux sont absolument parfaits et nécessaires. Bref je ne vais pas accorder plus de lignes encore à ce roman graphique mais je l’ai aimais plus qu’à la folie et je sais d’ores et déjà qu’il va longtemps faire être dans le podium de mes coups de coeur BD et que je vais le relire bien trop de fois. Merci Mirion pour tes mots, ta justesse, tes planches et pour la thématique. C’est un chef d’oeuvre.

Note : 5 sur 5.

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Les digitales | Fabienne Legrand

Un livre a mi chemin entre le témoignage, l’essai et le roman graphique qui aborde avec beaucoup de justesse la place des femmes dans le milieu numérique. On y trouve des témoignages de femmes ayant du se battre pour être acceptée dans le milieu, des témoignages du sexisme qui s’empare des métiers digitaux mais également une mine d’information concernant toutes ces femmes qui ont agit dans l’ombre ou pas parfois pour faire de notre monde numérique celui qu’il est aujourd’hui. Les planches illustrées rajoutent beaucoup de rondeur et d’humour pour casser le côté un peu trop sérieux des sujets abordés. Toutefois j’ai trouvé ce texte trop court, j’aurais aimé que l’on creuse davantage et qu’il y ai parfois plus d’essais que de témoignages. Je ressors donc de cette lecture ravie d’avoir appris de nouvelles choses mais vraiment sur ma faim, il manque pour moi une trentaine de pages plus explicatives qui auraient parlé des sujets plus en profondeur.

Note : 3 sur 5.

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Publié dans Féminisme, Romans graphiques

Saison des roses | Chloé Wary

Un roman graphique qui m’a plus dès le début par sa thématique très actuelle, on va parler du sexisme dans le milieu du sport, c’est très intéressant, très bien amené et le sujet semble parfaitement maîtriser. Les injustices, les insultes, les coups-bas, les efforts bien plus importants que l’on demande aux femmes plutôt qu’aux hommes, les retours sur les tenues vestimentaires comme quoi une fille sportive est forcément pas féminine. Concernant le style graphique on aime ou on aime pas, cela semble être réalisé au feutre et de mon côté j’ai adoré, c’était surprenant et original puis pour le coup j’ai trouvé que la thématique se mariait assez bien avec ce côté très traditionnel du dessin. Une belle découverte qui amène de belles réflexions autour du féminisme et de la condition de la femme dans un milieu sportif et bien souvent très masculinisé.

Note : 3.5 sur 5.

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Le mari de mon frère T2 et T3 | Gengoroh Tagame

Une suite toujours aussi belle que son premier tome. Le personnage de Kana est toujours aussi touchant et le papa commence tout doucement à apprécier Mike, le mari de son frère. Les préjugés amenés sont très bien dosés et même si l’univers se veut tendre et doux, les propos restent parfois troublants (cf la scène de la maman d’une amie de Kana, qi ne veut pas que sa fille aille chez Kana après les cours parce qu’elle a de mauvaises fréquentations). Je passe toujours un très bon moment en compagnie de cette famille que l’on voit évoluer et je me languis où tout ça va nous mener.

Note : 3.5 sur 5.

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Ce tome 3 est pour le moment mon préféré pour la simple et bonne raison que Yaichi, le papa de Kana devient de plus en plus tolérant envers Mike, il ne le considère plus seulement comme un homosexuel mais comme un membre de sa famille. Ils réussissent à tisser des liens et partager des moments uniques entre eux. Par le prisme de Yaichi on se rend compte que les adultes se questionnent bien plus sur ce qui est bien et pas bien qu’un enfant, puisque Kana est innocente et ne voit rarement le mal, elle est nature peinture et partage ses émotions ouvertement ce qui permet aux adultes (et au lecteur) de se questionner sur ce qui est juste ou pas. Une chose est sûre c’est qu’au plus on avance dans l’intrigue au plus on s’attache aux personnages et au moins on a envie de les quitter. Il ne me reste, de mon côté, plus qu’à trouver le dernier tome pour pouvoir achever la saga et avoir le dénouement de cette histoire.

Note : 4 sur 5.

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